Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Ligue des champions Ligue des champions Ligue des champions Tribune Adrien Motel Essayiste Alors que la Préfecture de police de Paris a annoncé l’absence de parade sur les Champs-Elysées en cas de victoire du Paris Saint-Germain en finale de la compétition européenne de football, samedi, l’essayiste Adrien Motel regrette, dans une tribune au « Monde », que la capitale considère trop souvent la fête et les rassemblements populaires comme une menace potentielle. Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 4 min. Read in English Article réservé aux abonnés Le 13 mai 1976, la sécheresse s’abat sur la France lorsque les Verts descendent les Champs-Elysées après leur défaite en finale de Coupe d’Europe contre le Bayern Munich. L’ambiance est bon enfant : on jette des fleurs aux « perdants magnifiques », crucifiés sur les poteaux carrés de Glasgow (Ecosse). Organisée par France Inter, la parade mêle la foule aux joueurs de Saint-Etienne. Peu de policiers encadrent Dominique Rocheteau, Jean-Michel Larqué et Jacques Santini. Joueurs et supporteurs semblent ne faire qu’un. Sans barrières, mais avec l’idée simple qu’un peuple peut se forger dans la joie commune. Ces images disent quelque chose de la France. Elles rappellent que l’espace public est un lieu à habiter collectivement. Or, depuis plusieurs années, cet idéal tend à s’effacer. Notre rapport aux célébrations populaires change. Elles sont trop souvent perçues comme un problème, non plus comme une promesse. Face à la possibilité du désordre, la puissance publique doute de sa capacité à organiser la joie autrement qu’en la limitant. Lundi 25 mai, la Préfecture de police de Paris a annoncé qu’aucune parade ne se tiendrait sur les Champs-Elysées en cas de victoire du Paris Saint-Germain (PSG) contre Arsenal en finale de la Ligue des champions, samedi 30 mai, à Budapest. Les souvenirs des débordements de 2025 et le faible dispositif en présence ont eu raison de la plus belle avenue du monde. Face aux protestations, une autre solution s’est imposée, au Champ-de-Mars. Tant mieux. Reste au onze de Luis Enrique à concrétiser la fête parisienne, à l’ombre de la tour Eiffel et d’une deuxième Ligue des champions. Toutefois, l’épisode est révélateur et soulève une question : la France croit-elle encore à sa capacité d’organiser des moments de communion populaire ? Notre histoire contemporaine est jalonnée de ces instants. En juin 1984, la victoire des Bleus à l’Euro transformait Paris en concert de klaxons. En juillet 1998, près de 2 millions de personnes envahissaient les Champs après le sacre de Zinédine Zidane, Fabien Barthez, Lilian Thuram et consorts. Cette image demeure l’un de nos grands moments d’unité populaire sous la Ve République. Il vous reste 70.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Finale de la Ligue des champions : « Paris doit rester une ville qui sait célébrer de grands événements »
TRIBUNE. Alors que la Préfecture de police de Paris a annoncé l’absence de parade sur les Champs-Elysées en cas de victoire du Paris Saint-Germain en finale de la compétition européenne de football, samedi, l’essayiste Adrien Motel regrette, dans une tribune au « Monde », que la capitale considère trop souvent la fête et les rassemblements populaires comme une menace potentielle.
















