L’actrice a émis des regrets lors d’une interview sur France Culture, vendredi, sur l’utilisation du mot “fasciste” et sur le comportement des spectateurs pendant les projections cannoises. Juliette Binoche au Festival du Cannes le 19 mai 2026. Photo Stephane Cardinale / Corbis / Getty Par Emma Defaud Publié le 30 mai 2026 à 15h44 Elle l’a signée. Aucune hésitation, Juliette Binoche a signé la tribune des 600 qui, à la veille du Festival de Cannes, cette année, s’inquiétait du poids sans cesse grandissant de Vincent Bolloré dans le cinéma, notamment en raison du rachat annoncé d’UGC. Mais trois semaines plus tard, l’actrice jette un autre regard sur cet épisode. Et pour cause : les conséquences sont tombées en cascade, de façon inattendue, avec notamment la réaction courroucée du patron de Canal+, Maxime Saada, qui a annoncé que son groupe ne travaillerait plus avec les signataires. Vendredi, invitée sur France Culture pour parler du documentaire qu’elle réalise, Juliette Binoche a verbalisé certains regrets. « Je ne regrette pas la solidarité entre artistes. Certains ont pris le risque d’être sur cette liste », a-t-elle d’abord dit, avant de poursuivre : « Je regrette les huées qu’il y a eues à Cannes devant le logo Canal. Les gens de Canal travaillent très bien, ce sont des orfèvres, ils sont très attentifs à la diversité du cinéma. » Au cours du festival, en début de projection des films, le logo de Canal+ a en effet été régulièrement privé d’applaudissements à son affichage (contrairement à l’usage d’applaudir chaque institution qui a financé le film), quelques fois hué et très rarement insulté. Enfin Juliette Binoche n’est pas à l’aise avec l’utilisation du mot de fasciste dans la tribune : « Je pense qu’il était déplacé », estime aujourd’hui l’actrice. La phrase exacte contenue dans le texte était : « En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif. » Depuis, la tribune a été signée par plus de deux mille artistes et professionnels du cinéma supplémentaires, dont des poids lourds du 7ᵉ art, connus pour leurs engagements. Juliette Binoche pointe aussi la responsabilité du patron de Canal+ : « Je regrette aussi évidemment la réaction très forte du directeur de Canal, c’est pour ça que ça s’est emballé. » À lire aussi : La tribune anti-Bolloré enfle et met Cannes dans l’embarras : “Soit on est taxé de collabo, soit on est pétitionnaire” Cinéma Canal+ Vincent Bolloré Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner