La densité carcérale est particulièrement alarmante dans les maisons d'arrêt (172,6%), où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement et donc présumées innocentes.
Publié le 30/05/2026 10:43
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Une gardienne dans une Maison d'arrêt des Hauts-de-Seine, à Nanterre, le 15 janvier 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Une densité carcérale jamais vue. Les prisons françaises comptaient 88 654 détenus au 1er mai 2026, un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les chiffres officiels de la Chancellerie. Cela représente, sur un an, une augmentation de près de 5 000 détenus (+5,9%) pour quelque 750 places disponibles supplémentaires (+1,2%) dans les centres pénitentiaires français, d'après les données du ministère de la Justice publiées vendredi soir.La densité carcérale est particulièrement alarmante dans les maisons d'arrêt (172,6%), où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale atteint 140% au 1er mai.La France figure parmi les très mauvais élèves de l'Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers pourtant bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l'Europe avait dénoncé l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un "entrepôt humain". Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de lits : il y en avait 7 693 au 1er mai, soit une forte hausse, +47%, en un an (5 234). Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200%) dans 33 structures. Un chiffre là encore en augmentation. La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (163,7% de densité carcérale) et toulousaine (155,5%), ainsi qu'en outre-mer (150%).






