Frappes contre des civils, des secouristes, des journalistes et des infrastructures de santé, destructions massives de villes, de villages ainsi que de terres agricoles : depuis l’automne 2023, des ONG libanaises et internationales accusent l’armée israélienne de violations graves du droit international humanitaire. Pour ces organisations de défense des droits humains, plusieurs de ces attaques pourraient constituer des crimes de guerre.
Des chaussettes noires sèchent encore sur un fil tendu dans le petit jardin du centre de la Défense civile libanaise à Nabatieh (Liban-Sud), une institution protégée selon le droit humanitaire international. Une bouteille d’eau est restée posée sur la table, des chaises traînent dans la cour : ici, le temps semble s’être arrêté.Au sol, des masques, des seringues et des gants en latex noircis témoignent encore de la violence de l’attaque. Un bâtiment à quelques mètres de là est en ruines. La veille, alors qu’un homme était venu demander de l’aide aux secouristes en poste, un drone israélien a frappé à proximité du centre. Deux secouristes ont été tués : Hussein Jaber et Ahmad Noura.« Ils ont été assassinés alors qu’ils essayaient de sauver une personne blessée venue au centre. Puis une autre frappe les a touchés. Ils m’avaient appelé pour que je vienne les aider. Quand je suis arrivé… je les ai trouvés tous les deux au sol », confie au Devoir Abdallah Halal, l’un des premiers arrivés sur les lieux. À ses côtés, son collègue de 20 ans, qui a miraculeusement survécu à l’attaque, reste silencieux, encore sous le choc.















