Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats International International International Analyse Stéphanie Le Bars Journaliste au service International Iran, Mali, Russie... Plusieurs « points chauds » du globe sont cadenassés par les pouvoirs en place qui, en empêchant le travail des journalistes, font prévaloir leur récit. Une situation dont les propagandistes savent tirer parti. Publié aujourd’hui à 16h40 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Iran, Gaza, Russie, Venezuela, Mali… Rarement porteurs de bonnes nouvelles, ces pays et régions du monde ont monopolisé une bonne part de l’attention médiatique ces derniers mois, et certains sont même au centre de l’actualité depuis des années. Un étrange paradoxe, parfois ignoré du grand public, veut pourtant que l’accès à une presse libre et indépendante sur ces terrains d’intérêt majeur soit en grande partie entravé, empêché par des autorités soucieuses de maîtriser le récit qu’elles entendent imposer au monde. A cet égard, l’Iran a battu un triste record : les communications (Internet et téléphone) ont été coupées ou fortement réduites par le pouvoir, du 28 février au 26 mai, date à laquelle elles ont été partiellement rétablies. Alors que la République islamique est au cœur du chaos mondial qu’a provoqué la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis il y a trois mois, les informations sur les bombardements, les victimes, les dommages militaires ou les jeux de pouvoir n’en sont sorties qu’au compte-gouttes. Un même black-out avait soustrait aux yeux du monde les contestations et la répression d’une ampleur inédite (plusieurs milliers, voire dizaines de milliers, de morts) qui, en décembre et janvier, avaient fait vaciller le pays. Certes, l’Iran n’a jamais été un parangon de transparence, et la censure s’y exerce régulièrement. Mais ce recours sans précédent au verrouillage informationnel laisse une grande partie de la population coupée de l’extérieur, et les journalistes tributaires des intermittences de connexion. A l’autre bout du Proche-Orient, Israël affiche aussi une politique de censure sans équivalent dans son histoire : le gouvernement interdit aux médias internationaux l’accès à la bande de Gaza depuis plus de deux ans et huit mois, quand a débuté la guerre d’anéantissement déclenchée en représailles à l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023. Et, comme pour appuyer de la manière la plus macabre qui soit cette stratégie d’effacement, l’armée israélienne a, au cours de cette même période, tué quelque 220 journalistes palestiniens, devenus les yeux et les oreilles de la planète sur place, selon Reporters sans frontières. Il vous reste 63.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La censure de l’information, cet outil prisé des régimes autoritaires pour imposer leurs vues
ANALYSE. Iran, Mali, Russie... Plusieurs « points chauds » du globe sont cadenassés par les pouvoirs en place qui, en empêchant le travail des journalistes, font prévaloir leur récit. Une situation dont les propagandistes savent tirer parti.















