Publié le 29/05/2026 14:27

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Luc Arrondel, économiste et directeur de recherche au CNRS, était l'invité du 11h/13h sur franceinfo vendredi 29 mai. Il s'est exprimé sur la finale de la Ligue des champions, dans laquelle le PSG affronte Arsenal samedi 30 mai, et sur le business du football.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.France Télévisions : Il y a ce parcours incroyable du PSG qui affronte Arsenal en finale de la Ligue des champions, pour remporter peut-être un deuxième titre en deux ans. Est-ce que c'est là, justement, la victoire de l'argent, des sommes phénoménales placées par le Qatar sur le club ?Luc Arrondel : On dit souvent que le foot est le sport le plus aléatoire, c'est parce que ça se joue avec les pieds, on marque très peu de buts, etc. Il peut y avoir toujours des surprises au niveau d'un match, mais au niveau des saisons qui se succèdent, en général, ce sont les équipes les plus riches qui ont les meilleurs joueurs parce qu'elles sont capables de les payer, et qui gagnent régulièrement. Depuis que le Qatar est arrivé, je crois que c'est 12 ou 13 titres pour le PSG, 13 pour le Bayern de Munich et 13 pour le Real Madrid et Barcelone. On voit bien que ce sont les clubs les plus riches en Europe et ce sont ceux qui gagnent le plus souvent.Les sommes investies par le Qatar, pour cette année, c'est combien dans le PSG ?Depuis quelques années, le PSG est au-dessus de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires, de revenus. Donc ça représente 800 millions d'euros.Est-ce qu'ils gagnent de l'argent ?Non, on ne gagne pas d'argent dans le foot. Ce qu'il faut savoir, c'est que souvent, contrairement à une idée reçue, le foot est une petite économie. Au niveau européen, ce sont 20 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires global de tous les clubs des cinq plus grands championnats représente à peu près 20 milliards d'euros. C'est cinq fois moins que, par exemple, la plus grosse entreprise française, AXA, qui fait un chiffre d'affaires de 200 milliards d'euros.Donc avec toutes ces victoires, le Qatar, aujourd'hui, perd encore de l'argent avec le PSG. Est-ce que ça lui coûte ou est-ce que ça lui rapporte ?Parce que l'objectif d'un club de foot n'est pas forcément de faire du profit. Ce n'est pas, comme on l'entend aussi souvent, une entreprise comme une autre. Un club de foot doit gagner des matchs, doit gagner des titres et c'est souvent au détriment de sa marge bénéficiaire.Ils espèrent gagner de l'argent un jour ou ils ont définitivement tiré un trait là-dessus ?Ça, ça dépend du profil du propriétaire. Je pense qu'effectivement, les clubs qui sont détenus par des fonds souverains, par des pays, en général, l'objectif n'est pas pécuniaire. Par contre, aujourd'hui, on voit de plus en plus de fonds d'investissement qui investissent dans le foot. Même en France, il y a neuf clubs, par exemple de Ligue 1, qui sont possédés minoritairement par des fonds d'investissement privés. Et là, un fonds d'investissement, son objectif, c'est le rendement, au moins à moyen terme, ou une plus-value. Et donc là, effectivement, le motif pécuniaire devient prédominant.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.