Publié le 28/05/2026 22:24

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Des collègues d'un nouveau genre pour les salariés de l'usine Renault de Douai. Le premier robot humanoïde est arrivé chez le constructeur automobile, après plus de 10 ans de recherche. Il est censé porter les charges les plus lourdes de l'usine. C'est la première fois qu'une caméra est autorisée à le filmer en action.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Prendre des pneus et les déposer sur un tapis roulant, c'est la tâche de Calvin. Depuis février, le robot ouvrier est en test chez Renault, à Douai, où il remplace un employé. Un ingénieur le suit au doigt et à l'œil. Calvin est autonome, mais il doit encore apprendre à marcher sur toutes les surfaces : "Donc là, on est vraiment sur l'exemple de la tôle qui se tord facilement. Comment le robot se comporte ? Il faut être sûr que le robot ne perde pas l'équilibre", explique Antonin Dallard, ingénieur IA chez Wandercraft. Calvin apprend vite et les erreurs sont de plus en plus rares : "On vérifie qu'il ne se prend pas les mains dans les pneus, tout simplement", indique encore l'ingénieur. D'ici à la fin de l'année, il doit être opérationnel. Ces tests ont lieu de nuit, la plupart des ouvriers ne l'ont jamais vu. Nous leur montrons nos images : "C'est vrai qu'on dirait quelqu'un, on dirait une vraie personne. C'est fou !", reconnaît Younes Djillali, retoucher électricien chez Renault. Quelque 350 robots de ce type devraient arriver dans leurs usines en 2027, sur des postes à forte pénibilité. "Ce sera 350 postes en moins. On ne va pas se mentir, ça sert à ça, les robots. Si le robot commence à nous remplacer, on va se retrouver où, nous ?", s'inquiète Ilyes Zenagui, retoucheur électricien chez Renault. Mais tous ne sont pas aussi inquiets. Raphaël Andrieux, monteur roues chez Renault, lui, pose des roues à la chaîne. "Il y a des choses que les robots peuvent faire et d'autres non. Comme là, le vissage des roues, ce ne sera pas un robot qui prendra ma place", assure-t-il.Des hommes remplacés par des machines, ce n'est pas une première à Douai. En 1976, dans l'usine, on trouve encore des soudeurs et des peintres. Cinq ans plus tard, ils ont disparu pour faire les premières R5 : place aux robots soudeurs et aux robots de peinture. Quarante-cinq ans plus tard, au même endroit, on fabrique toujours des R5. Et c'est vrai, les robots sont partout. Mais les êtres humains n'ont pas disparu pour autant."D'abord, parce qu'on a besoin, dans une usine robotisée, de beaucoup d'emplois qualifiés pour finalement entretenir les robots et les piloter. Et ensuite, parce qu'il faudra quand même beaucoup d'années pour que la robotique de ce type acquière la vitesse, la capacité de décision et la dextérité de l'être humain", souligne Thierry Charvet, directeur Industrie et Qualité chez Renault.Peu de robots sont capables de travailler comme Calvin pendant des heures. Souvent, ils ont tendance à chauffer. Les robots aussi ont besoin de se reposer.