Le premier ministre du Canada a repris à son compte le célèbre slogan du président américain Donald Trump, « Make America Great Again », en assurant devant des gens d’affaires de New York, jeudi, que sa vision pour le Canada est cohérente avec cet objectif.« Soyons clairs, le Canada fort va aider à rendre la grandeur de l’Amérique », a laissé tomber Mark Carney lors d’un discours devant l’Economic Club de New York.Il venait alors de faire l’énumération de tout ce que le Canada fournit aux États-Unis pour assurer sa croissance économique, notablement la grande majorité de ses importations de gaz naturel, d’électricité et de pétrole brut.Ses propos constituent en quelque sorte une réponse au président des États-Unis, Donald Trump, qui a affirmé pas plus tard qu’au début de 2026 que son pays n’a « pas besoin » des produits canadiens. Les deux États sont présentement en processus de révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Si les pays ne s’entendent pas d’ici au 1er juillet, l’ACEUM continuerait quand même au moins jusqu’en 2036.M. Trump a été élu à l’automne 2024 sous la promesse de rendre à l’Amérique sa grandeur. Il a, depuis, multiplié les discours hostiles envers le Canada, allant jusqu’à la création d’art numérique le représentant en train d’annexer le pays. Le président américain fêtera ses 80 ans en juin.Pour sa part, Mark Carney est entré en scène en politique sous la promesse de se mesurer à la menace américaine, contre laquelle il proposait de « lever les coudes ». Plus d’un an après sa victoire électorale de 2025, le voilà qui lance à New York la proposition d’un « nouveau partenariat » avec ce pays, disant représenter « un Canada différent, un Canada plus fort, un Canada plus confiant. »Devant l’Economic Club, le premier ministre a surtout parlé des défis économiques mondiaux, usant à profusion du concept d’« hégémons » pour parler des grandes puissances comme les États-Unis ou la Chine. Dans un désormais célèbre discours à Davos, en Suisse, il avait notamment suggéré aux puissances moyennes de faire contrepoids aux « hégémons » sans scrupule.Cela lui a valu une nouvelle et éphémère menace de nouveaux droits de douane américains de 100 % sur les produits canadiens, qui n’a été suivie par aucune action. Ce type de droits de douane a finalement été jugé illégal par la Cour suprême américaine, en février, contrairement aux tarifs dits « sectoriels » qui heurtent en particulier l’économie du Québec.Le premier ministre canadien a notamment vanté jeudi la « réinitialisation » de la relation diplomatique avec Chine, un pays avec lequel « il faut avoir un dialogue ».
À New York, Carney promet lui aussi de rendre sa grandeur à l’Amérique
Aux Américains, le premier ministre présente désormais le pays comme «un Canada différent».












