Mercedes Rodriguez et ses sept enfants ont du mal à dormir la nuit à cause du bruit des souris qui courent dans les murs de son appartement situé dans l’est de Montréal.Outre une infestation de souris, l’immeuble où elle habite, situé dans Hochelaga-Maisonneuve, est aussi en proie à des problèmes de moisissure, selon ses dires. Sa sécheuse a déjà pris feu en raison d’une mauvaise ventilation dans la salle de bains.Cette mère monoparentale attend avec impatience les rénovations promises depuis longtemps.« C’est frustrant. Vraiment », dit-elle en soupirant. Elle fait visiter son appartement à La Presse canadienne, pointant les nombreux trous dans les murs et les plafonds, qu’elle attribue aux souris, aux dégâts d’eau et à l’incendie survenu dans sa salle de bain.Alors que les gouvernements investissent des milliards de dollars dans de nouveaux projets pour pallier la pénurie de logements abordables, le tiers — près de 21 500 logements — du parc existant est en mauvais état au Québec.Le rythme des rénovations, quant à lui, ne suit pas l’inflation, ce qui fait craindre aux défenseurs des droits des locataires que les budgets d’entretien ne soient pas suffisants pour répondre à l’ampleur du problème.Craintes pour la santéAu Québec, les logements sociaux appartiennent au gouvernement provincial et sont majoritairement gérés par les offices municipaux d’habitation. Ils sont destinés aux personnes à faible revenu. Le loyer équivaut généralement à 25 % du revenu du ménage.Dans l’appartement, Mme Rodriguez et ses sept enfants occupent les cinq chambres, tandis que sa mère, atteinte d’un cancer en phase terminale, dort dans un lit d’hôpital installé dans le salon. Pour arriver à couvrir ses dépenses, Mme Rodriguez accepte des contrats comme agente de sécurité.Trouver un autre logement de cinq chambres dans les limites de son budget serait impossible, affirme-t-elle, car les loyers pour des appartements similaires disponibles sur le marché s’élèvent en moyenne à plus de 3500 $ par mois. Mme Rodriguez vit avec bonheur dans un logement social depuis plus de 20 ans, mais l’état de son logement la fait craindre pour la santé de sa famille.Elle a payé de sa poche pour faire repeindre les murs. Pour empêcher les cafards et autres insectes d’entrer dans son logement, elle a fait poser du carrelage en céramique sur le sol de la cuisine et le dosseret. Il est trop compliqué et trop long de traiter avec la Ville, à son avis.« Ici, il y a pas mal de problèmes, déplore-t-elle. Ça fait plus que deux ans. »