Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Donald Trump Donald Trump Donald Trump Chronique Alain Frachon Chroniqueur au « Monde » Avec sa réélection, le président américain a confirmé sa volonté de s’éloigner du « collectif occidental ». Une qualité aux yeux de Pékin et Moscou, qui espèrent tous deux, avec l’aide de Trump, renverser l’ordre mondial, estime Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ». Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés En ces temps de tourmente sur la scène internationale, Xi Jinping a pu apparaître comme un sage. Recevant tour à tour les fauteurs de troubles Donald Trump et Vladimir Poutine, courant mai à Pékin, le président chinois incarnerait la stabilité. L’empire du Milieu parle d’égal à égal avec l’Amérique de Trump, empêtrée en Iran, et traite en amie dans le besoin la Russie de Poutine, tenue en échec en Ukraine. Cette image est trompeuse. Non seulement la Chine n’est pas en mesure de jouer le rôle du supergrand capable de peser de façon décisive sur les conflits en cours, mais en aurait-elle les moyens, il n’est pas sûr qu’elle veuille prendre le costume de « gendarme » des affaires mondiales, qui fut longtemps celui des Etats-Unis. Xi Jinping n’arbitre ni n’assagit rien – pas plus en Ukraine qu’au Moyen-Orient. Les relations au sein du trio des grands de l’époque relèvent d’une équation plus complexe. Au service d’une ambition stratégique commune, Poutine et Xi disposent d’un atout nommé Trump, à savoir un président américain qui partage, en partie, leur vision du monde. Liés depuis février 2022, et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, par un pacte d’« amitié sans limite », Moscou et Pékin ont une priorité stratégique : changer un ordre mondial qu’ils jugent encore indûment dominé par l’Occident. L’adversaire, c’est le « collectif occidental », comme on dit au Kremlin, une entité dirigée par les Etats-Unis et leurs alliés asiatiques et européens. Une entité qui serait guidée par un zèle missionnaire au service de l’expansion du mode de gouvernement démocratique libéral. Mais voilà qu’émerge une nouvelle Amérique. Elle avait montré son nez en 2016, lors du premier mandat de Donald Trump. Réélu en novembre 2024, le républicain confirme le changement de cap amorcé en 2016 : l’Amérique s’éloigne du « collectif occidental ». Il vous reste 68.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.