Le bulldozer Trump et son « Make America Great Again » vient de faire une nouvelle victime : l’aide alimentaire en faveur des pays menacés par la malnutrition et la faim. Rendues publiques en détail le 13 mai, les nouvelles règles du fonds Food for Peace (« de la nourriture pour la paix »), le programme phare des Etats-Unis dans ce domaine, exigent que la totalité − au lieu du tiers jusqu’à présent − des denrées distribuées gratuitement dans les pays bénéficiaires ait été produite aux Etats-Unis.
Après le démantèlement, début 2025, de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid), cette décision représente une immense régression par rapport à l’orientation qui, façonnée par l’expérience, s’est imposée depuis plusieurs décennies : le déliement de l’aide, autrement dit la possibilité d’acheter librement des denrées à tous les pays et non seulement au pays donateur. Cette formule peut améliorer l’efficacité de l’aide en réduisant les coûts de transport, elle permet aussi de soutenir les productions locales, évite l’expédition de denrées inadaptées et favorise la souveraineté des pays bénéficiaires.
La décision de Donald Trump renvoie les Etats-Unis à l’époque de la guerre froide. Le programme « Food for Peace » avait alors été lancé pour écouler les excédents agricoles américains et conforter les alliances stratégiques de Washington. L’afflux massif de ces produits pouvait avoir des effets dévastateurs sur les agricultures locales.








