Publié le 27/05/2026 23:31

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Mercredi 27 mai, Édouard Geffray, ministre de l'Éducation, était l'invité du JT de 20 heures. Il est notamment revenu sur la liste noire annoncée aujourd'hui pour lutter contre les violences à l'école, mais également sur la situation dans les classes, à l'heure où des records de température sont atteints.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Léa Salamé : Pour lutter contre les violences sexuelles et physiques, vous avez annoncé aujourd'hui la mise en place d'une liste noire qui vise tous les personnels qui auraient des comportements inappropriés. Qu'est-ce que cette liste noire, qui y figurera et va-t-elle permettre de changer les choses ?Édouard Geffray : Le principe de la liste noire, c'est très simple, c'est un fichier d'interdits d'école. C'est-à-dire que ce sont des adultes auxquels nous interdirons l'accès à l'école, comme professeur, animateur périscolaire, intervenant associatif ou autre, parce qu'ils auront été au préalable identifiés comme ayant commis des actes qui ne sont pas acceptables sur des mineurs. Ça peut être des sanctions pénales. Mais ça peut être aussi des personnes qu'on aurait nous-mêmes licenciées parce qu'elles auraient un comportement avec des mineurs qu'on considère comme inapproprié. Ça peut être des violences sexuelles, tout le monde y pense. Mais ça peut être aussi, par exemple, si vous avez un surveillant qui insulte régulièrement les élèves. Aujourd'hui on le licencie, on lui dit que ce n'est pas possible. Si c'est pour qu'il puisse être embauché le lendemain matin au collège d'à côté, ça ne marche pas.Mais qui va juger de ce qui est un comportement inapproprié ? Ça peut signifier tout et n'importe quoi. Ça peut être un regard qui ne passe pas et quoi ?C'est pour ça que nous, on parle des procédures disciplinaires, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait une sanction qui a un moment été prise, mais pas forcément un jugement pénal. À partir du moment où vous avez pris une sanction pour évincer quelqu'un du service public, il ne peut pas y revenir le lendemain matin sur la base d'un autre contrat.Ce n'était pas le cas aujourd'hui ?Non, ce n'est pas le cas. Je prends un exemple. Si aujourd'hui, je licencie un surveillant parce qu'il a un comportement inapproprié, sans attendre d'éventuelles poursuites pénales, s'il est candidat le lendemain matin dans une autre académie, je ne sais pas le repérer.Mais alors, qui va avoir accès à cette liste noire ?L'idée d'abord, c'est qu'il y ait donc une interconnexion entre les trois fichiers, les sports, la jeunesse, donc le périscolaire et l'Éducation nationale, de manière qu’on puisse interroger les trois. Et ensuite, ce que je souhaite et ce qu'on souhaite au gouvernement, c'est que tout recruteur puisse interroger pour savoir tout simplement si c'est feu rouge ou feu vert. Si c'est feu vert, il peut embaucher. Si c'est feu rouge, il ne peut pas embaucher.Mais il va appeler qui ? Comment une mairie va savoir que telle personne est sur le fichier, est sur la liste noire ?Ce que nous souhaitons mettre en place avec cette loi, c'est justement une plateforme unique qui permettra de tout savoir sur les éventuels intéressés.Autre sujet. C'est le cinquième jour de canicule aujourd'hui en France. Est-ce qu'on peut enseigner et travailler avec 38 degrés dans les classes ?Ce ne sont pas des conditions optimales d'apprentissage, il faut être clair. C'est d'ailleurs pour cela qu'on a été amené à émettre un certain nombre de recommandations, de comportements, d'un peu de bon sens sur l'aération des salles, l'hydratation des élèves, etc. Le fait aussi de pouvoir utiliser l'extérieur, de pouvoir sortir plus souvent dans la cour, à l'ombre, pour justement gérer ces situations.Les professeurs se plaignent. Ils disent que ça devient insupportable, intenable.Je comprends parfaitement qu'ils se plaignent, mais l'enjeu c'est justement d'avoir des comportements qui permettent de limiter les effets. Par ailleurs, sur le long terme, vous savez qu'on est engagé dans un grand plan de rénovation des écoles, des collèges et des lycées.Demain c'est la journée la plus chaude, pas de fermeture de classe ?Pour l'instant, il n'est pas envisagé de fermeture des classes. Ce sont les préfets qui ferment les classes. Par ailleurs, il se trouve que ça fait trois mois que je travaille un plan de gestion des vagues de chaleur qui sera publié demain. On a travaillé avec les collectivités territoriales. Il devait sortir demain. La météo a pris un peu d'avance sur nous. Mais pour que justement, chacun sache exactement ce qu'il a à faire dans ces conditions, y compris ce qui se passe en cas de fermeture.C'est quoi le cas de fermeture ? Il faudrait qu'on soit en vigilance rouge pour fermer les classes ?Il ne faut pas raisonner par un seuil théorique. Les préfets apprécient les situations avec les services sanitaires. Si un préfet, demain, décide de fermer les écoles dans telle ou telle ville, par exemple, il le pourra, mais c'est une décision sanitaire.Y a-t-il une menace sur les examens qui arrivent, le bac, le brevet ?Non, pour l'instant, il n'y a pas de menace sur les examens. La plupart des épreuves ont lieu le matin, donc à une heure qui permet d'être à la fraîche. Il y a une épreuve qui a lieu l'après-midi, tout le reste, c'est le matin. Donc, pour l'instant, nous n'envisageons pas de menace sur les examens, mais évidemment, on reste vigilants pour les semaines à venir.Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a tweeté aujourd'hui qu'il y aurait 1,7 million d'élèves en moins d'ici 2035. Il prépare les esprits. Est-ce que vous pouvez nous dire ce soir combien de classes allez-vous fermer à la rentrée prochaine ?À la rentrée, on ne sait pas encore. Il y a 3 200 postes de moins dans l'école publique, sachant qu'on perd 150 000 élèves à la rentrée prochaine. Mais l'enjeu, ce n'est est pas ça. L'enjeu pour les parents et pour les professeurs, c'est de savoir combien il y aura d'élèves dans les classes et combien de classes fermeront.En moyenne par classe, il y aura 21 élèves. C'est un chiffre qui ne cesse pas de baisser. Mais l'enjeu surtout, et il faut que tout le monde ait bien ça en tête, c'est qu'on va perdre 1,7 million d'élèves dans les dix prochaines années. C’est-à-dire 15% de nos élèves. Ça se prépare et ça se construit. C'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu, c'est ce que je défends depuis des mois. Chaque année, il y a plusieurs milliers de classes qui ferment depuis maintenant cinq ou six ans, parce que la démographie est malheureusement en chute libre. La question, ce n'est pas tant le nombre de classes qui ferment que la qualité du service public qu'on rend. C'est ça qu'il faut regarder. C'est ça qu'on va regarder classe par classe, école par école sur tout le territoire.