Publié le 27/05/2026 17:43

Mis à jour le 27/05/2026 17:44

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Pour freiner la prolifération des moustiques tigres, porteurs de maladies, un laboratoire du sud de la France élève des moustiques tigres mâles stérilisés. Lorsque ces derniers s'accoupleront, les œufs pondus par les femelles seront vides.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Dans une boîte, 3 000 moustiques tigres avides de liberté et qui le font entendre. Des moustiques tigres pour lutter contre les moustiques tigres. Lâchés aux quatre vents, exclusivement des mâles qui, par nature, ne piquent pas, et qui, surtout, ont été stérilisés, et qui vont s'accoupler avec des femelles à la base très prolifiques. "La femelle va produire des œufs vides et donc ces œufs vides ne donneront pas de descendance, ne produiront pas de nouveaux moustiques. Donc, si on stérilise une femelle qui peut produire plusieurs centaines d'œufs dans sa vie, et bien, c'est plusieurs centaines de futurs moustiques qui sont supprimés par une femelle et donc on casse la dynamique du moustique tigre progressivement", explique Florian Vernichon, responsable de déploiement chez Terratis.À Mions (Rhône), 200 000 moustiques sont lâchés chaque semaine, 15 millions sont prévus sur trois ans, de quoi réjouir des habitants excédés par ce fléau. "Moi, je suis arrivée ici il y a dix ans. On profitait du jardin l'été. Ces dernières années, on en profite très peu et notamment jamais le soir", déplore Nadine Saguin, habitante.C'est dans un laboratoire du sud de la France que sont élevés des moustiques à un niveau industriel, stérilisés à l'aide de rayons X. Aujourd'hui, 80% des territoires français ont été colonisés par ce nuisible vecteur de maladie. "Il y a une forme d'urgence puisqu'en 2025, de façon historique, il y a eu 800 cas de chikungunya autochtone en France et 30 cas de dengue autochtone en France. Le risque de dengue ou chikungunya d'ici à 2030 est de l'ordre de 6 à 7 sur une échelle de 0 à 9. Donc, on est tous concernés", affirme le docteur Jean Lang, docteur en médecine et biologie.Mions, cité très pavillonnaire, suit l'exemple de Montpellier (Hérault) et Brive-la-Gaillarde (Corrèze), où la population de moustiques a diminué de moitié dès la première année selon la mairie. Un résultat qui a décidé la ville du Rhône à débourser 70 000 euros par an. "On a cette idée d'embarquer beaucoup de villes avec nous justement pour réduire les coûts, parce que plus on sera, moins la facture sera élevée", souligne Mickaël Paccaud, maire de Mions.En parallèle, les bons gestes restent indispensables. Dans son jardin, Jean-Michel Serrier a installé des filets sur ses récupérateurs d'eau et fait la chasse à tout risque d'eau stagnante. "L'arrosoir, je prends la précaution de le retourner une fois que j'ai fini d'arroser. Il suffit d'avoir 2-3 mm d'eau et puis ça attire le moustique", prévient-il. En dernier recours, le retraité utilise aussi une raquette. En moyenne, on estime que les moustiques tigres évoluent dans un périmètre de 150 mètres autour de son lieu de ponte.