CPE, bibliothécaires, cuisiniers, secrétaires… Le syndicat des personnels de direction alerte sur des carences de plus en plus importantes dans les métiers qui entourent l’enseignement, tout aussi indispensables au bon fonctionnement des établissements. Selon le service statistique de l’éducation nationale, près de 10 % des heures d’enseignement n’ont pas été assurées dans les établissements publics du second degré en 2024-2025. Photo Myriam Tirler/Hans Lucas. Par Marc Belpois Publié le 27 mai 2026 à 17h13 Ils sont les grands oubliés des grandes enquêtes sur les dysfonctionnements des collèges et lycées. Les uns, conseillers principaux d’éducation (CPE), assistants d’éducation (AED), auxiliaires de vie scolaire (AVS), bibliothécaires, secrétaires, agents comptables et membres du personnel médical et social dépendent de l’éducation nationale. Les autres, cuisiniers, concierges, techniciens de maintenance, agents d’entretien sont employés par les collectivités locales. Tous concourent au bon fonctionnement des établissements scolaires. Et pourtant, « la probabilité qu’un collège ou un lycée dispose de tout ce personnel est proche de zéro », alertait le syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN-Unsa) à l’occasion d’une conférence de presse mardi 26 mai. Il est vrai que le non-remplacement des enseignants est, quant à lui, un problème structurel largement documenté. Par la Cour des comptes, qui établissait en décembre 2025 à 9 % la proportion d’heures de cours non assurées dans les collèges publics et privés sous contrat de France métropolitaine en 2023/2024. Par la Depp, le service statistique de l’éducation nationale, qui relevait en avril que près de 10 % des heures d’enseignement n’avaient pas été assurées dans les établissements publics du second degré en 2024-2025, un chiffre en augmentation par rapport à l’année précédente. Dans le cadre d’enquêtes parlementaires, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, ou par des syndicats d’enseignants… C’est aussi un sujet qui s’invite dans les tribunaux lorsque des familles attaquent l’État en justice — et gagnent presque toujours, le Conseil d’État ayant admis depuis belle lurette (1988 !) le principe de sa responsabilité lorsque des élèves sont privés d’enseignement des matières obligatoires. Lire aussi (2024) Profs absents : l’État condamné pour des heures non remplacées Quant aux politiques destinées à réduire le nombre d’heures perdues par les élèves, elles n’ont eu que des résultats « modestes », juge la Cour des comptes. Le SNPDEN-Unsa reconnaît une amélioration dans les cas d’absences de courte durée (moins de quinze jours) depuis que les formations des enseignants se font prioritairement en dehors des temps de classe — rappelons que dans le second degré, les deux tiers des absences des enseignants sont liés à l’organisation d’examens ou aux formations. Et du fait de la mise en place, à la rentrée 2023, du pacte enseignant, ce dispositif qui propose aux professeurs du premier et second degré de remplacer leurs collègues contre rémunération. « Mais il ne s’applique pas aux absences de longue durée », souligne Olivier Beaufrère, secrétaire nationale éducation et pédagogie du SNPDEN-Unsa. Tâches supplémentaires Et surtout, il ne règle en rien les carences liées aux autres professions. Or elles ne cessent d’augmenter d’année en année. « Il y a deux cas de figure : soit le poste est prévu mais nous ne parvenons pas à recruter, soit il n’est tout simplement pas doté », explique Olivier Beaufrère. Résultat, « 76 % du personnel de direction déclarent avoir dû compenser partiellement ou totalement l’absence d’un personnel non remplacé ». C’est-à-dire « faire le travail d’un secrétaire général, qui établit la partie financière de l’établissement. Ou du CPE, chargé de la surveillance devant les portails et dans les couloirs ». Des tâches supplémentaires parfois extrêmement chronophages. « On peut demander beaucoup à l’école, mais sans moyens pérennes, les établissements scolaires ne peuvent tout simplement pas fonctionner correctement », prévient Olivier Beaufrère. Lire aussi (2024) Pourquoi l’État donne-t-il plus aux lycées privés qu’aux établissements publics ? Enfants Éducation Éducation nationale Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. 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“La probabilité qu’un collège ou un lycée dispose de tout le personnel nécessaire est proche de zéro”
CPE, bibliothécaires, cuisiniers, secrétaires… Le syndicat des personnels de direction alerte sur des carences de plus en plus importantes dans les métiers qui entourent l’enseignement, tout aussi indispensables au bon fonctionnement des établissements.















