Publié le 27/05/2026 11:56

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Le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), Jean-Christophe Repon, était l'invité du "10 minutes info" sur franceinfo, mercredi 27 mai 2026.

Jusqu'à 38, voire 39°C attendus localement en France dans les prochains jours. Les conditions sont très éprouvantes pour les travailleurs, notamment ceux du domaine du BTP. Comment les protéger ? Le président de la Capeb, Jean-Christophe Repon, était l'invité du "10 minutes info" sur franceinfo pour aborder cette thématique au micro de Djamel Mazi, mercredi 27 mai 2026.Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Djamel Mazi : Quelles sont les consignes qui sont données par les employeurs aux salariés ?Jean-Christophe Repon : La plus grande des vigilances avec nos salariés. Vous savez que nous, artisans, nous sommes à la production avec nos salariés. On a tout de suite un principe de vigilance pour pouvoir continuer à travailler. Ce qui est encore plus délicat en ce moment, c'est qu'on a crise sur crise. On a la crise du Moyen-Orient, on a l'augmentation des prix. Et maintenant, on a aussi l'incapacité de pouvoir travailler correctement et il nous faut à tout prix travailler puisque nous sommes en crise depuis plus de deux ans. Nous avons donc donné des méthodes de travail à tous nos artisans sur l'ensemble du territoire. On a bien évidemment aussi adapté les temps de travail. Nous regardons s'il est possible de commencer bien plus tôt sur le chantier, si le particulier l'accepte, et de prioriser nos chantiers par rapport aux endroits où on a le plus de danger. Nous sommes responsables d'accompagner au mieux nos salariés. Donc, une très grande vigilance, une très grande responsabilité et une très grande précaution de nos salariés pendant cette crise-là.Dans les 13 départements placés en vigilance orange canicule, on précise qu'il est possible pour ces salariés qui souhaitent préserver leur santé de se mettre en arrêt.On a un nouveau décret qui va nous accompagner. Il y a de la technicité dans ce décret pour savoir qui pourra contribuer et avoir droit à ces arrêts "intempéries" qui sont au départ faits pour le froid d'hiver, mais maintenant de plus en plus sur les crises de canicule. On a donc aussi la capacité de se mettre en retrait si on n'a pas d'autres solutions et si on ne peut pas adapter nos chantiers et si on ne peut pas trouver des solutions pour continuer à avoir des séquences plus courtes, à avoir des temps de rafraîchissement, beaucoup d'eau, de protection. Mais c'est aussi une vigilance que nos artisans doivent avoir. Et il faut à tout prix que l'ensemble des artisans se rapprochent de leur Capeb départementale pour aller chercher les vraies solutions techniques et pratiques.Comment s'organisent les chantiers concrètement, puisqu'on le rappelle, le secteur est déjà frappé par la crise énergétique liée aux tensions au Moyen-Orient ?C'est deux ans de récession. On a détruit plus de 30 000 emplois. On a fait une enquête sur la santé des artisans et elle était déjà amoindrie puisque, psychologiquement, on a beaucoup d'artisans qui se sentent usés, qui se sentent stressés au travail, qui trouvent que le travail leur prend trop d'énergie et les empêche de trouver le sommeil. En plus de cette crise qui est due à l'augmentation des prix, mais également à la défiance des particuliers à engager des travaux, on voit bien que la canicule a une incidence sur la consommation et les pics d'énergie. Il nous faut donc au contraire dire aux Français, aux artisans d'accéder au marché, de rénover leurs logements pour justement avoir du confort d'été et vivre mieux ces crises de canicule, de moins consommer l'hiver pour essayer d'éviter d'avoir ces crises également en été. En tant que Capeb, nous avons des éléments de conseil à donner à nos artisans. Quand on a des périodes de crise compliquées comme on en a actuellement, il est important de faire partie d'un collectif. Et donc, j'invite tous les artisans qui ne sont pas adhérents à la Capeb à rejoindre notre organisation. C'est important quand on est en crise d'avoir des collègues, des pairs, qui puissent nous aider à accompagner ces problématiques de crise et même de la canicule.Est-ce que finalement, vous voyez qu'avec cette forte chaleur, cela peut provoquer aussi des soucis avec vos clients ?Le client est plutôt très compréhensif. On a déjà des difficultés avec lui puisqu'on a une augmentation du prix des matériaux. Il faut déjà qu'on regarde avec lui comment on va pouvoir négocier commercialement si demain on doit ré-augmenter nos prix et pouvoir continuer à travailler avec lui. Il nous faut engager le dialogue avec le particulier pour trouver des solutions. Le particulier a besoin d'avoir le travail effectué et nous, on a besoin de le faire sans mettre en danger nos artisans et nos compétences et nos salariés. Souvent, cela implique bien sûr de travailler plus tôt le matin, d'avoir des séquences beaucoup plus courtes, des rafraîchissements aussi, des pauses très régulières afin d'éviter des chocs thermiques.