Publié le 27/05/2026 09:14
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La secrétaire générale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, était l'invitée politique du mercredi 27 mai sur franceinfo.
Les vagues de chaleur se font de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses en France, ce qui soulève la question des mesures à mettre en place pour y faire face. Invitée politique sur franceinfo mercredi 27 mai, la secrétaire générale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, s'est penchée sur cette thématique au micro d'Antoine Comte.Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Antoine Comte : Ces températures caniculaires deviennent un sujet politique avec Sébastien Lecornu, le Premier ministre, qui réunit demain une réunion de crise du côté de Matignon pour anticiper les prochaines vagues de chaleur, nous dit-on. Si vous deviez donner un conseil au Premier ministre, quel serait-il ?Marine Tondelier : Déjà de dire que je suis effarée par la situation de ce mois de mai qui est le plus chaud que la France n'ait jamais connu. On n'a jamais connu une journée aussi chaude qu'hier au mois de mai, dans l'histoire des relevés météo. Je suis effarée par la violence des commentaires contre les présentateurs météo, comme si c'était de leur faute. On dit : "la carte est rouge". C'est sûr que si on la mettait en bleu, on aurait beaucoup moins chaud.Et puis je suis effarée par le degré d'impréparation du gouvernement qui fait quand même jeudi une réunion dont le thème est, je cite, "le point sur la préparation des services de l'État". C'est-à-dire qu'au bout de plusieurs jours de canicule, ils font un point pour se préparer aux prochaines, mais on n'a toujours pas compris ce qu'ils faisaient pour la vague de chaleur. Là maintenant, c'est assez coupable et assez irresponsable.Le fait d'anticiper les prochaines vagues de chaleur, ce n'est pas une bonne chose, ce n'est pas positif ?Ils nous font le coup à chaque vague de chaleur. Je vous rappelle qu'à la dernière, Emmanuel Macron a annoncé solennellement en 2023 qu'il allait rénover 40 000 écoles pour les isoler thermiquement, que ce soit confortable pour nos enfants. La première année, il en a fait 2000. La deuxième année, en 2025, il en a fait 65. Ça veut dire qu'à ce rythme-là, nos écoles seront prêtes pour les canicules dans trois siècles. Le montant du fonds vert, qui servait à adapter un peu la France aux changements climatiques, a été divisé par quatre en deux ans.Toutes les économies se font sur le dos de l'écologie, et après, on s'étonne que, quand on arrive en pleine vague de chaleur, la France ne soit pas préparée. Les Écologistes font des propositions depuis des années. Nous avons mis par exemple sur la table un sujet de congé climatique pour protéger les travailleurs. On sait qu'il y a des étudiants qui vont passer des examens dans des conditions assez intenables, mais on est dans une impréparation comme souvent dans ce pays.Justement, votre proposition, c'est ce congé climatique. En quoi consiste-t-il et surtout comment comptez-vous le financer ?Alors, il y a deux mesures. En fait, il y a le congé climatique, les cinq jours de congé par an, en cas de grosses inondations, de catastrophes climatiques, où techniquement vous ne pouvez pas aller travailler. Donc ça, ce sont des congés payés. Enfin, aujourd'hui, ils sont bien payés par quelqu'un, soit par l'employeur, soit par la personne qui pose ses congés, qui voulait passer du temps avec ses enfants en vacances l'été. C'est-à-dire qu'on socialise le risque, on l'assume ensemble, et ce n'est pas très cher, parce que ça n'arrive pas non plus tous les quatre matins.Et en cas de forte chaleur, on regrette que dans la législation française, il n'y ait pas de seuil de température à partir duquel on estime qu'on ne peut pas exposer des travailleurs. Je reviens d'Espagne, où il y a eu des morts dans les exploitations agricoles, sur les chantiers du BTP, des morts de chaleur. Et donc, suite à cela, la ministre de gauche écologiste, qui portait ça depuis longtemps, a mis en place ce congé climatique. Cela veut dire qu'on protège les travailleurs, qu'on change les horaires de travail. On ne les laisse pas chacun négocier avec leurs employeurs, parce qu'on sait que les employeurs ne sont pas tous de bonne composition.Vous dites que ça ne coûterait pas très cher. À combien avez-vous estimé le coût ?On porte depuis très longtemps un ISF climatique, c'est-à-dire de faire payer les grosses fortunes, mais de les faire payer différemment selon comment elles contribuent ou pas aux changements climatiques. Aujourd'hui, il y a des ultrariches, les milliardaires, qui, en 90 minutes, émettent autant de CO2 qu'un humain moyen dans toute sa vie. Et donc, on peut se dire que c'est acceptable, ils ont des jets privés, ils ont des super yachts, ils font ce qu'ils veulent. Et à la fin, c'est nous qui assumons toutes les conséquences, donc nous estimons qu'un ISF climatique doit être mis en place pour faire contribuer les plus riches de ce pays, mais qui sont aussi celles et ceux qui participent le plus aux changements climatiques. Et ce n'est pas eux qui sont exposés à la fin, eux, ils ont des maisons très climatisées.Est-ce que les Français ne demandent pas dans l'immédiat simplement d'avoir des points de fraîcheur, c'est-à-dire peut-être grâce à la climatisation ? Marine Le Pen remet sur le tapis son vaste plan de climatisation. On imagine bien évidemment que les écologistes sont contre l'instauration généralisée de la climatisation, mais est-ce que ce n'est pas ça que les Français recherchent ? Un ISF climatique, est-ce que cela ne va pas prendre du temps à être mis en place ?Je vous explique comment je finance ma mesure, je réponds à votre question, je ne vais pas dire que je ne faisais que ça. Je viens vous donner une mesure pour protéger les étudiants qui sont en examen en ce moment, pour protéger les travailleurs. Il ne faut pas mentir aux gens. Ce n'est pas vrai qu'on va aller climatiser des logements qui, en plus, ne sont pas isolés, parce que c'est quand même ça le problème, c'est que le gouvernement a aussi sabré dans les aides à la rénovation thermique des logements. Et donc, si vous dites à une famille précaire, ce que fait Marine Le Pen, que la solution est de climatiser leur maison, qui va payer la facture quand vous allez climatiser en fait les oiseaux, puisque vous n'êtes pas isolés ?Donc il y a une urgence à mettre en place des points de fraîcheur partout, d'ouvrir des salles de cinéma, pour les mamans, pour les enfants, pour les personnes âgées. Je n’ai pas dit que c'était non à la climatisation, j'ai dit qu'il ne faut pas prétendre que c'est une solution miracle qui va mettre dans le confort tous les Français du jour au lendemain, surtout les plus vulnérables qui habitent dans des logements pas isolés et qui n'auront pas les moyens de payer les factures qui vont grimper. Ça coûte cher quand même la climatisation en termes énergétiques, même si on vous paye le climatiseur.
















