Publié le 26/05/2026 21:35

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Quelles conséquences aura l'épisode de chaleur précoce sur nos cultures ? Les fruits et légumes sont-ils fragilisés ? Reportage aux côtés d'éleveurs et de céréaliers dans les Deux-Sèvres.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Le troupeau de Vivien Baron à La Chapelle Saint-Laurent (Deux-Sèvres) subit la chaleur depuis près de quatre jours. Au total, 25 de ses vaches sont en gestation, des animaux fragiles qui risquent un choc thermique. L'eau de leurs mares s'évapore. Il faut alors reculer la clôture pour s'assurer qu'elles aient accès à l'eau. "Il faut qu'elles puissent s'abreuver facilement, sans trop de contraintes. Le risque, c'est qu'elles fassent un avortement et qu'elles perdent leurs petits. Et derrière, ce sont des pertes financières importantes", explique l'éleveur.Avec ces températures, les vaches se déshydratent plus vite, et l'herbe qu'elles broutent jaunit de jour en jour. "C'est moins nutritif, c'est même pas nutritif du tout parce qu'on dirait comme de la paille. Et la paille, ça vaut rien. Donc là, on sera obligé, les jours à venir, d'apporter du foin pour qu'elles puissent se nourrir normalement", indique Vivien Baron. Du foin que l'éleveur doit récolter le plus vite possible avant que l'herbe ne s'assèche trop et perde ses nutriments. "On a quand même 15 jours d'avance par rapport à habituellement, c'est plus autour du 15 juin", explique encore l'agriculteur.Dans le département voisin de la Charente-Maritime, les chaleurs s'ajoutent au manque d'eau. Noël Michot, maraîcher, a planté ses choux rouges il y a trois semaines. Il doit déjà les arracher : "Le coup de chaud dessus a tout brûlé. Et là, c'est fini. Du coup, là, c'est une plantation qui est perdue. Nous, si on se met trop au soleil sans se protéger, on attrape des coups de soleil. Il y a des plantes, c'est pareil, tout simplement. Il y a des plantes qui ont besoin de soleil pour se développer. D'autres, il faut du soleil, mais pas des coups de chaleur comme ça, pas brûler", déplore-t-il.Des plants brûlés et d'autres dont la croissance est déréglée. Son petit épeautre est en pleine floraison. Les fortes chaleurs arrivent au pire moment. "Ça risque d'être des grains vraiment minuscules, tout légers en fait, avec un poids spécifique très bas. Sachant qu'on n'a déjà pas des prix rémunérateurs, si en plus de ça on fait un rendement très petit, là c'est une catastrophe. De toute façon, cette culture-là va être une perte financière sèche, ça c'est sûr et certain."Avec les chaleurs qui durent, Noël Michot estime la perte à près de 12 000 euros, rien que pour sa parcelle de petit épeautre.