Les autorités maliennes ont annoncé le 4 mai 2026 que le chef de la junte, le général Assimi Goïta, occuperait le poste de ministre de la Défense après l'assassinat du général Sadio Camara une semaine plus tôt.
La mort de Camara est survenue au cours d'une offensive menée par le Front de libération de l'Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), qui ont lancé des attaques à travers le Mali. L'insécurité persiste au Mali malgré des années de régime militaire, justifié par des promesses de rétablissement de l'ordre et de lutte contre la violence des insurgés.
À première vue, la décision de Goïta d’assumer le portefeuille de la défense semble être une mesure pragmatique en temps de guerre, visant à assurer la continuité au sein des forces armées pendant une période d’instabilité.
Mais cette décision s’inscrit également dans une trajectoire politique plus large qui s’est dessinée au Mali depuis la prise du pouvoir par la junte en 2020. Plutôt que d’institutionnaliser le régime militaire, Goïta a concentré le pouvoir autour de la présidence, renforcé le contrôle sur l’appareil coercitif de l’État et s’est appuyé sur un petit cercle d’élites militaires.
En tant que politologues ayant publié de nombreux travaux sur les coups d’État militaires et les trajectoires des régimes en Afrique de l’Ouest, nous observons que ce comportement n’est pas propre au Mali.






