Interrogé sur le respect de la mémoire du résistant face à la montée de l’extrême droite en France, l’acteur, premier rôle dans le film de László Nemes, avait botté en touche. Il a clarifié sa position sur son compte Instagram. Gilles Lellouche lors de la conférence de presse du film « Moulin », à Cannes, le 18 mai 2026. Photo Nicolas Genin/SIPA Par Samuel Douhaire Publié le 26 mai 2026 à 16h47 Le Festival de Cannes avait bien commencé pour Gilles Lellouche, salué pour sa subtile prestation dans La Vénus électrique, le film d’ouverture signé Pierre Salvadori. Il s’est terminé dans la douleur. L’acteur, boudé par le jury de Park Chan-wook malgré son interprétation remarquable du chef du Conseil national de la Résistance dans Moulin, est depuis une semaine la risée des réseaux sociaux après ses propos lors de la conférence de presse du film de László Nemes, lundi 18 mai. Lire la critique “Moulin”, avec Gilles Lellouche, un face-à-face glaçant entre le héros de la Résistance et Klaus Barbie Tout est venu d’une double question de Yazid Arifi, journaliste à Paroles d’honneur, un média en ligne proche de LFI. « Pensez-vous qu’il est aujourd’hui primordial, pour ne pas trahir la mémoire de Jean Moulin, de combattre résolument le Rassemblement national ? » a-t-il interrogé, en rappelant que le Front national, l’ancêtre du RN, a été fondé par d’anciens Waffen-SS. Avant d’ajouter : « Pensez-vous également que la France insoumise, majoritaire à gauche, est aujourd’hui le meilleur rempart à l’extrême droite, son programme étant aussi inspiré du programme du Conseil national de la Résistance ? » La réponse de Gilles Lellouche a fusé : « Elle n’est pas un tout petit peu orientée votre question, non ? Je n’ai pas de réponse à ça, monsieur. » Fermez le ban ! Alors même que la tribune « Zapper Bolloré » engrangeait des signatures sur la Croisette (et ailleurs) contre l’emprise du milliardaire d’extrême droite sur le cinéma français, cette dépolitisation du discours de l’acteur lui a valu un bashing numérique intense, à coups de vidéos parodiques et autres surnoms moqueurs type « Gilles Lelâche ». Je n’ai jamais soutenu et ne soutiendrai jamais un parti ou une idéologie qui prône la haine, l’intolérance et la discrimination. Gilles Lellouche sur son compte Instagram Trente-six heures après la clôture du Festival de Cannes, Gilles Lellouche a finalement pris la plume sur son compte Instagram. « Ces derniers jours, beaucoup de choses ont été dites sur moi, avec une violence et des raccourcis insultants, a-t-il écrit dans une story. En refusant de répondre à une question que j’ai jugée manipulatrice et orientée, on m’a traité de lâche, voire de soutien de l’extrême droite. Laquelle, instantanément, s’est empressée de me soutenir comme la corde soutient le pendu », poursuit l’acteur. « Je veux être clair : je n’ai jamais soutenu et ne soutiendrai jamais un parti ou une idéologie qui prône la haine, l’intolérance et la discrimination. Mes prises de position passées parlent pour moi. » De fait, l’acteur de Chien 51 et réalisateur de L’Amour ouf avait signé une tribune anti-RN dans Le Monde pendant l’entre-deux-tours des élections législatives de 2024, un texte, qui, à l’époque déjà, alertait sur les conséquences d’un pouvoir aux mains de l’extrême droite sur les politiques culturelles. Auparavant, il avait regretté que Bac Nord (2021), film d’action de Cédric Jimenez sur le trafic de drogue dans les quartiers nord de Marseille dont il est la tête d’affiche, ait été récupéré par l’extrême droite. Dans sa story, Gilles Lellouche conclut : « Je défendrai toujours les valeurs de la République et les principes qui font la grandeur de notre pays. C’est précisément le combat qu’a mené Jean Moulin pour qu’aujourd’hui nous puissions vivre libres. » On ne saurait mieux dire, mais pourquoi ne l’a-t-il pas fait une semaine plus tôt ? À lire aussi : “L’Histoire nous rappelle que la guerre politique peut être l’aboutissement d’une guerre culturelle” Cinéma Rassemblement national Résistance Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
“Je veux être clair…” : Gilles Lellouche, étrillé en ligne après la conférence de presse “Moulin” à Cannes, se défend
Interrogé sur le respect de la mémoire du résistant face à la montée de l’extrême droite en France, l’acteur, premier rôle dans le film de László Nemes, avait botté en touche. Il a clarifié sa position sur son compte Instagram.









