France PolitiqueRenaissanceLRPSEELVRNÉlectionsLFIPolitique. Après sa victoire à Nice, Eric Ciotti se rêve en prophète plutôt qu’en paria, malgré une influence toute relative au Rassemblement national.Publié le 04/05/2026 à 07:30bookmarkJordan Bardella et Eric Ciotti, le 6 avril 2025 à Paris.Le Pictorium/MAXPPPEn cet automne 2024, la droite est prise d’une joie mauvaise. Les Républicains (LR) observent avec gourmandise les déboires de leur ancien président Eric Ciotti, allié malheureux du Rassemblement national (RN) aux législatives. La trahison n’a pas payé. Le Niçois dirige un maigre groupe parlementaire de 16 députés après l’échec électoral de l’extrême droite. Le voilà condamné à écouter les tirades du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, ce poste qu’il convoitait tant. Dans les couloirs de l’Assemblée, le député Julien Dive lâche un jour à Marine Le Pen : "Vous feriez bien de ne pas trop lâcher la laisse de votre chien, il a tendance à prendre des libertés." Les cadres LR s’amusent des errements stratégiques d’Eric Ciotti, passé si près d’une entrée au gouvernement. N’envisageait-il pas à une époque une alliance de circonstances avec la macronie ? "Le chat noir absolu !", se marre un pilier du socle commun.Fini de rire, les rôles se sont inversés. LR, englué dans ses guerres internes, a dilapidé le capital politique accumulé sous Michel Barnier. Eric Ciotti, lui, décèle dans sa victoire aux élections municipales niçoises le succès de sa stratégie d’alliance. Au prix de quelques arrangements avec la vérité. L’édile a soigneusement caché le soutien du RN dans sa campagne et a vaincu Christian Estrosi dans un duel classique face à la droite. Son élection ne signe pas le triomphe de l’union des droites, mais celle d’une candidature adoubée par la formation de Marine Le Pen.