Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Politique de l'emploi Politique de l'emploi Politique de l'emploi Tribune Pierre Cahuc Economiste Stéphane Carcillo Economiste Les deux économistes Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo préconisent, dans une tribune au « Monde », l’extension du bonus-malus sur les cotisations d’assurance-chômage pour éviter le recours massif aux CDD, mais estiment qu’il faudrait aussi assouplir certaines règles concernant le CDI. Publié aujourd’hui à 15h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés A chaque négociation sur l’assurance-chômage ou sur le marché du travail, la même question revient : comment réduire le recours massif aux contrats courts en France ? La discussion en cours entre partenaires sociaux ne fera pas exception. Pourtant, le diagnostic est connu depuis longtemps et les pistes de réforme sont identifiées. Première évidence : la France se distingue par un recours très élevé aux contrats courts dans les flux d’embauche : 80 % des recrutements se font sous forme de contrat de travail à durée déterminée (CDD) ou de missions d’intérim, souvent de moins d’un mois. Cette situation contraste avec la structure de l’emploi salarié, toujours majoritairement (85 %) en contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Le résultat est un marché du travail dual : certains salariés restent durablement en emploi stable, tandis que d’autres enchaînent contrats courts et périodes de chômage. Ces allers-retours ont un coût social élevé, notamment pour les jeunes, et alimentent les dépenses d’indemnisation, car une fois de retour au chômage, les droits à l’assurance-chômage sont consommés. Selon l’Unédic, les fins de CDD et d’intérim sont à l’origine d’environ la moitié des ouvertures de droits, et représentent plus d’un tiers des dépenses d’indemnisation du régime (sur un total de 37 milliards d’euros). Deuxième constat : le recours massif aux CDD est largement la conséquence d’un système de protection de l’emploi très asymétrique. Ce type de contrat est souvent utilisé comme un moyen de contourner la rigidité du CDI, notamment lorsqu’il s’agit d’ajuster l’emploi en cas d’incertitude économique. En effet, la France se caractérise par des procédures de licenciement relativement complexes, longues et incertaines, en particulier pour les licenciements collectifs. Dans ce contexte, les entreprises – en particulier les TPE (très petites entreprises) et les PME (petites et moyennes entreprises) qui forment le cœur de notre tissu économique – privilégient des formes d’emploi plus flexibles, quitte à multiplier les contrats courts. Il vous reste 63.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.