France PolitiqueManuel VallsChronique. Face aux Sénégalais qui supplient chaque jour qu’on les aide à fuir pour rester en vie, le silence des chancelleries est assourdissant.Publié le 26/05/2026 à 08:30bookmarkManuel VallsKate CopelandJe le dis avec la gravité et l’affection d’un ami : ce qu’il se passe aujourd’hui au Sénégal nous oblige à parler. Trop longtemps, nous avons été paralysés par la peur d’être accusés de néocolonialisme. Cette pudeur est devenue une lâcheté. Les droits humains ne sont pas une marchandise d’exportation européenne. Ce sont des principes universels, et l’Afrique en est partie prenante autant que tout autre continent.Il ne s’agit pas ici de donner des leçons. En France, l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1982. Notre marche vers l’égalité a été longue, tardive, contestée. Le Sénégal n’est pas un pays comme un autre pour la France. Souvent cité comme un modèle d’Etat de droit en Afrique, c’est la terre de Senghor et de Diouf, ces géants de la francophonie qui ont façonné notre langue commune. Des dizaines de milliers de Sénégalais vivent, travaillent, étudient en France. Nos histoires sont enlacées. C’est parce que ce lien est si profond que nous avons le devoir de dire à Dakar ce que des amis se disent dans les moments difficiles.
Sénégal, mon ami : ne trahis pas ce que tu es, par Manuel Valls
Face aux Sénégalais qui supplient chaque jour qu’on les aide à fuir pour rester en vie, le silence des chancelleries est assourdissant.













