Sonia Dahmani à son domicile de Tunis, le 27 novembre 2025. FETHI BELAID / AFP

L’avocate et chroniqueuse tunisienne Sonia Dahmani, libérée à la fin de novembre 2025 après avoir passé plus de dix-huit mois en détention, a été condamnée à une nouvelle peine de deux ans de prison pour des déclarations sur la situation pénitentiaire en Tunisie, a affirmé lundi 25 mai à l’Agence France-Presse (AFP) son avocat. Le tribunal de première instance de Tunis a prononcé le verdict lundi après une audience tenue vendredi, a précisé Me Sami Ben Ghazi, ajoutant qu’il avait fait appel.

Sonia Dahmani, 60 ans, très critique du président tunisien, Kaïs Saïed, est poursuivie dans cinq affaires, toutes liées à des déclarations ou publications dans les médias. Les poursuites se basent sur le décret 54 sur les « fausses informations » promulgué en 2022 par Kaïs Saïed, un texte fustigé par les défenseurs des droits humains. Cette affaire a été engagée à son encontre à la suite d’une plainte déposée par l’Administration générale des prisons, selon son avocat.

Lors d’une intervention radiophonique en 2023, Mme Dahmani avait critiqué la situation des prisons dans le pays. En avril, l’avocate avait été condamnée en appel à dix-huit mois de prison pour une autre intervention radiophonique, dans laquelle elle critiquait l’existence de cimetières et d’autobus réservés aux personnes noires dans certaines régions de Tunisie.