Il est le personnage central et l’enjeu historique du dossier : les avocats de l’ancien président français Nicolas Sarkozy clôtureront mercredi à Paris le procès en appel sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.Durant plus de deux mois éprouvants, l’ancien chef de l’État, 71 ans, a inlassablement tenté de convaincre : « pas un centime » d’argent libyen n’a été utilisé dans sa campagne, il n’a jamais sollicité un tel financement, n’a rien promis au dictateur Mouammar Kadhafi, surtout pas la grâce de son beau-frère Abdallah Senoussi, condamné à la perpétuité en France et commanditaire d’un attentat contre un avion DC-10 d’UTA qui, en 1989, a coûté la vie à 170 personnes, dont 54 citoyens français.Plus encore que sa liberté, c’est la postérité de Nicolas Sarkozy qui se jouera le 30 novembre quand le président de la cour d’appel Olivier Géron lira son arrêt, même s’il restera un recours, un pourvoi devant la Cour de cassation.Une relaxe et Nicolas Sarkozy pourra crier à l’injustice historique, lui qui s’est comparé à Alfred Dreyfus, officier juif condamné à tort, ou à Edmond Dantès, le héros d’Alexandre Dumas arbitrairement jeté au cachot ; une condamnation et sa présidence sera souillée du sceau de l’infamie.Condamné en première instance en septembre 2025 à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy a passé vingt jours à la prison parisienne de la Santé, devenant le premier ancien président incarcéré de l’histoire de la République française.Comme lors du premier procès, l’accusation a réclamé sept ans de prison, pour association de malfaiteurs toujours, mais aussi corruption, financement illégal de campagne et recel de détournement de fonds publics libyens. Le tout accompagné de mots très durs contre l’« instigateur » d’un pacte de corruption qui a « dégradé le climat social », au « plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître ».
À son procès en appel, Nicolas Sarkozy joue ses dernières cartes
L’ex-président français a dû nuancer sa défense sur les soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007.








