Economie Politique économiqueEconomie. La démarche du président de la République est nécessaire, mais pas suffisante pour redresser la compétitivité industrielle de l'Hexagone, estime Olivier Lluansi.Publié le 23/04/2026 à 18:18bookmarkA l'occasion d'un déplacement sur le site de la future mine de lithium d'Imerys dans l'Allier, le président Emmanuel Macron a annoncé son intention d'accélérer 150 grands projets industriels.Jeff Pachoud / Pool / MAXPPP"Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame, et qui parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel". Le constat dressé par Emmanuel Macron, mercredi 22 avril, a en effet de quoi surprendre. Lors d'un déplacement sur une future mine de lithium dans l'Allier, le chef de l'Etat a détaillé sa "méthode Notre-Dame" - un coup d'accélérateur donné à 150 projets stratégiques, sur le modèle de la reconstruction de la cathédrale parisienne. Olivier Lluansi, professeur au Cnam et auteur de Réindustrialiser, le défi d'une génération (2024), analyse pour L'Express la faisabilité de cette ambition.L'Express : Les industriels n’ont cessé d’appeler à une simplification des procédures ces dernières années. Pourquoi cette annonce maintenant ?Olivier Lluansi : On peut voir un lien entre l’annonce des 150 "cathédrales industrielles" et la loi de simplification qui vient enfin d’être adoptée, deux ans après son lancement en procédure accélérée. Ce texte introduit des possibilités de dérogation pour certains projets, notamment en limitant les recours. Un autre point clé concerne les règles de zéro artificialisation nette (ZAN) : les grands projets industriels en sont désormais exemptés et peuvent être réalisés sur des terrains auparavant contraints, sans être comptabilisés dans les objectifs de ZAN. L’idée est donc d’appliquer ces dérogations, pour ces 150 projets, dans l’esprit des grands projets dérogatoires, comme les Jeux olympiques ou la reconstruction de Notre-Dame, bien que l’ampleur des dérogations actuelles soit nettement moindre que celles dont ils ont profité.
"Méthode Notre-Dame" d'Emmanuel Macron : "C'est un petit pas dans la bonne direction"
La démarche du président de la République est nécessaire, mais pas suffisante pour redresser la compétitivité industrielle de l'Hexagone, estime Olivier Lluansi.






