Le Finistère est déjà placé en vigilance jaune (niveau 2 sur 4) par Météo France ce dimanche en raison de la canicule. Cette situation exceptionnelle va perdurer puisque l’organisme météorologique a décidé de prolonger cette alerte pour la journée de lundi au moins.C’est la première fois que la vigilance canicule est activée si tôt dans l’année, le précédent record datait du 16 juin. La situation est d’autant plus remarquable que la Bretagne est concernée alors que cette région est souvent considérée comme un refuge climatique.Le département de la pointe bretonne va connaître un « épisode de chaleur précoce et remarquable » avec des températures allant jusqu’à 33°C à Brest ce dimanche, selon Météo-France. C’est un niveau situé 16°C au-dessus des moyennes de saison. « Il s’agit de la première vigilance jaune canicule activée en mai depuis la création du dispositif » en 2004, a indiqué une porte-parole samedi à l’AFP (Agence France presse). L’épisode de vigilance débute officiellement ce dimanche à midi.À voir aussi« De telles vagues de chaleur en avril ou octobre » à l’avenir« Il est possible que d’autres départements basculent en vigilance jaune ces prochains jours », a indiqué Météo-France. La vigilance orange (niveau 3) n’est pas totalement exclue. Dans son bulletin des phénomènes dangereux, diffusé samedi à la mi-journée, Météo France évoquait « un faible risque de passage en vigilance orange pour le paramètre canicule sur les régions du nord-ouest » en début de semaine.Les climatologues ont montré que les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s’allonger et s’intensifier. « L’extension de la saison des vagues de chaleur est caractéristique des effets du changement climatique », explique Robert Vautard, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement du CNRS (Centre national de la recherche scientifique). « Cette extension continuera tant que les émissions nettes de gaz à effet de serre ne seront pas nulles. Il faudra s’attendre plus tard à de telles vagues de chaleur en avril ou octobre. »Météo France rappelle que la vigilance canicule est établie selon des seuils de températures qui « ne sont pas les mêmes pour tous les départements » et « tiennent compte notamment de la sensibilité de chaque territoire et de sa population à la chaleur ». Le niveau de vigilance jaune « correspond à un pic de chaleur, soit une exposition de courte durée (1 ou 2 jours) à une chaleur intense présentant un risque pour les populations fragiles ou surexposées (conditions de travail ou activité physique) », indique l’organisme. « Il peut aussi correspondre à un épisode persistant de chaleur (supérieur à 3 jours) », ce qui devrait être le cas pour cet épisode.