Son comportement à l’égard de militants de la « flottille pour Gaza » avait provoqué un tollé international. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a été interdit de territoire français, a annoncé ce samedi Jean-Noël Barrot sur X.En cause ? La publication d’une vidéo mercredi par le ministre israélien dans laquelle figurent des militants de la « flottille pour Gaza » agenouillés tête au sol et les mains liées, après leur interception en mer et leur placement en détention dans le sud d’Israël. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », dit-il sur ces images publiées sur sa chaîne Telegram, avec pour fond sonore l’hymne national israélien.Ministre depuis 2022Son geste a été critiqué au sein même du gouvernement israélien. Pourtant, bouteille de champagne au Parlement pour fêter l’adoption d’une loi sur la peine de mort taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’aux Palestiniens, gâteau d’anniversaire orné d’un nœud de pendu, visites tapageuses auprès de détenus palestiniens… Itamar Ben Gvir a pour coutume de se mettre en scène et de provoquer.Longtemps cantonné au rôle de trublion infréquentable de l’extrême droite, le quinquagénaire a accédé à son poste de ministre en décembre 2022 à la faveur d’un accord de coalition ayant permis le retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou, à la tête d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël.Avocat de formation, le chef du parti « Force juive » était devenu député en avril 2021, après des années d’activisme à l’extrême droite.Né en banlieue de Jérusalem de parents séfarades, ce père de six enfants qui vit dans une colonie parmi les plus radicales de Cisjordanie défend l’annexion de ce territoire palestinien, occupé par Israël depuis 1967. Il y revendique des droits supérieurs pour les juifs et prône le transfert d’une partie de la population arabe d’Israël, qu’il juge déloyale, vers les pays voisins.Ses critiques l’accusent d’avoir fait main basse sur la police depuis qu’il a pris la tête du ministère de la Sécurité nationale et de mettre le feu aux poudres, en se rendant là où les tensions sont les plus fortes.À Jérusalem Est, il multiplie ainsi les visites sur l’esplanade des Mosquées (le mont du Temple pour les juifs) où il clame « Vive le peuple d’Israël », bravant de plus en plus ouvertement le statu quo en vigueur depuis 1967 et l’annexion de la partie orientale de la ville par Israël - contre l’avis de Benyamin Netanyahou, qui le laisse toutefois faire.« Voyou marginal »Ses coups d’éclat ont décuplé depuis la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Rapidement, il commence à armer des civils, appelle à l’émigration de la population de Gaza et rêve d’y rétablir des colonies israéliennes.« Si nous ne voulons plus de 7-Octobre, nous devons rentrer chez nous, contrôler le territoire » et encourager le départ « volontaire » des Palestiniens de Gaza, avait-il dit, s’opposant à l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien, ravagé par la guerre.En obtenant du Parlement qu’il vote fin mars la loi sur la « peine de mort pour les terroristes », note Ravit Hecht, du journal Haaretz (gauche), Ben Gvir a achevé son processus de métamorphose « de voyou marginal en artisan de l’idéologie de droite ».VidéoViolences sur les militants pro-Gaza : la vidéo d'un ministre israélien provoque un tolléIl puise son idéologie anti-arabe dans celle du rabbin extrémiste Meir Kahane, dont le mouvement Kach a été banni en Israël après l’assassinat en 1994 de 29 Palestiniens en train de prier à Hébron, en Cisjordanie, par un de ses partisans, Baruch Goldstein.Le ministre, qui a milité dans Kach, a longtemps eu un portrait de Goldstein dans son salon mais dit avoir pris quelques distances depuis. Inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la haine ou des violences, le ministre, également connu pour ses positions anti-LGBT +, se vante d’avoir été innocenté dans 46 cas. Il se targue d’avoir entrepris des études de droit, pour se défendre lui-même, sur la recommandation des juges.
« De voyou marginal à artisan de l’idéologie de droite » : qui est Ben Gvir, le ministre israélien interdit de territoire français ?
Adepte des coups d’éclat, Itamar Ben Gvir a accédé à son poste de ministre en décembre 2022 à la faveur d’un accord de coalition ayant permi










