Emmanuel Macron, lors de la cérémonie marquant le 25ᵉ anniversaire de la loi reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité, à Paris, le 21 mai 2026. THIBAULT CAMUS/AP
Les Français l’ont longtemps ignoré : notre pays a été une grande puissance esclavagiste, la troisième après l’Angleterre et le Portugal. Sur les 12 millions d’Africains capturés durant quatre siècles, 1,6 million furent déportés dans les Antilles, contre 600 000 en Amérique du Nord. Les richesses induites par cet ignoble trafic ont irrigué notre économie. Cette ignorance résulte d’une réalité factuelle – les esclaves étaient quasi invisibles en métropole – et d’une décision politique : la glorification par la République de l’abolition de 1848 et l’occultation d’une histoire atroce et conflictuelle.
Ce déni officiel a cessé voici tout juste vingt-cinq ans avec le vote de la loi Taubira. Par ce texte, la France a été le premier pays à qualifier de « crimes contre l’humanité » la traite négrière et l’esclavage. Ce geste symbolique fort, véritable « cérémonie d’accueil des anciens d’esclaves dans la République », avec plus de 150 ans de retard, selon les mots de l’historien Pap Ndiaye, a permis au pays de considérer enfin cette partie de son histoire, tout en écartant l’idée de réparations financières.












