L’OTAN surveille ce dossier depuis un certain temps. Selon une enquête réalisée par les deux chaînes de télévision allemande WDR et NDR, la Russie poursuit un programme secret visant à déployer des missiles à capacité nucléaire en mer Blanche, au bord de l’Arctique.Ce programme, baptisé « Scythian » ou « Skif », vise à enterrer des missiles balistiques équipés d’ogives nucléaires dans des silos sous-marins à plusieurs centaines de mètres de profondeur, afin de les protéger de toute attaque ennemie. Ces derniers seraient pratiquement indétectables par les forces étrangères.Une faille juridique internationaleCes missiles seraient acheminés sur la place via la ville de Severodvinsk, sur les côtes de la mer Blanche, à 1 000 km au nord de Moscou. C’est ici qu’est stationné le navire « Zvezdochka » - 96 m de long et environ 18 m de large - susceptible de transporter du matériel lourd, même en haute mer ou dans les eaux glacées de l’Arctique.Capables de rester immergés dans des silos pendant une très longue période, ces missiles bénéficieraient, ensuite, d’un mécanisme d’activation à distance pour effectuer les lancements une fois qu’un ordre officiel est transmis.Le suivi des services de renseignement de l’OTAN estime qu’une intervention du sous-marin Sarov, un navire expérimental précédemment lié à des essais secrets de technologies maritimes avancées, est également possible pour la pose des silos.VidéoLa Russie a présenté son nouveau missile de croisière Geran-5 lors du défilé du 9 MaiLes médias allemands ont basé leurs enquêtes sur des déclarations de responsables du renseignement, de militaires et d’experts, ainsi que sur leurs propres analyses d’images satellites et de bases de données russes.La Russie travaille sur le projet « Scythian » depuis plusieurs années en exploitant une faille juridique du traité de désarmement sur le fond des mers et des océans. Ce texte, signé le 11 février 1971 par les États-Unis, le Royaume-Uni, et l’URSS, interdit les armes nucléaires uniquement dans les eaux internationales, et non dans ses propres zones côtières.L’emplacement des silos russes doit donc obligatoirement se situer à moins de 12 milles (environ 22 km) des côtes, selon la Convention sur la mer territoriale et la zone contiguë.