Les parents du journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu depuis bientôt un an en Algérie, avaient appelé le monde du football à œuvrer à sa libération : ils ont donné vendredi le coup d’envoi symbolique de la finale de la Coupe de France, une rareté dans un univers peu enclin à prendre position.Vêtus d’un tee-shirt et d’une écharpe « Free Gleizes », la mère et le beau-père du reporter ont donné le coup d’envoi fictif de la rencontre entre le RC Lens et l’OGC Nice, sous les applaudissements nourris des près de 80 000 spectateurs du Stade de France. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire est également apparu dans la tribune présidentielle aux côtés du président de la République Emmanuel Macron avec l’écharpe « Free Gleizes » autour du cou.« C’est un grand honneur, a déclaré à l’AFP avant la rencontre la mère du reporter, Sylvie Godard. Il se sentira encore plus fort lorsqu’il apprendra que la France du football et ses supporters lui ont dédié ce grand moment. »L’OGC Nice, premier club à se mobiliserLe journaliste de 37 ans a été arrêté en mai 2024 en Algérie dans le cadre d’un reportage en Kabylie. Condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », sa peine a été confirmée en appel en décembre. Sa famille demande désormais une grâce du président algérien Abdelmadjid Tebboune. RSF, qui chapeaute son comité de soutien, a salué « l’engagement sans faille » de la FFF en faveur du journaliste.À voir aussiFinaliste avec le RC Lens, l’OGC Nice a été le premier club professionnel à se mobiliser publiquement pour le journaliste qui écrit notamment pour le magazine So Foot, en relayant dès juillet 2025 une pétition. Une volonté de défendre « la liberté de la presse et le respect des droits fondamentaux de l’être humain », explique Virginie Rossetti, directrice de la communication du club.Lens aussi a voulu « mettre au centre du terrain un emprisonnement qu’on ne peut tolérer », avait déclaré son directeur général Benjamin Parrot, mi-avril sur la chaîne Ligue 1 +, avant un match amical dédié au journaliste dont une partie des recettes a été versée à RSF.La mère du reporter avait écrit mi-décembre à Nasser al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain pour demander au club « mondialement connu et respecté » un message de soutien. Les parents du journaliste ont été reçus par la direction du club au Parc des Princes lors d’un match auquel ils ont été invités. Le PSG s’est également associé à l’appel de la Ligue de football professionnel pour relayer sur X et dans le stade des messages en faveur de la libération du journaliste.