Versements d’argent public à ses partisans, amnistie fiscale, transactions boursières sur des entreprises qu’il promeut publiquement… : Donald Trump est accusé par ses opposants d’avoir encore franchi un cran dans la corruption.Les accusations d’enrichissement personnel, de trafic d’influence et de clientélisme sont un bruit de fond constant depuis le premier mandat du milliardaire républicain, qui avait estimé en 2016 : « Un président ne peut pas avoir de conflit d’intérêts. »« Il n’y a jamais eu un tel exemple de corruption présidentielle », a pourtant jugé un groupe d’éditorialistes du New York Times, après l’annonce mardi d’un accord passé par le président américain avec le service fédéral des impôts (IRS).Ce compromis, qui solde une plainte de Donald Trump contre le fisc, a été validé par le secrétaire à la Justice par intérim, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.Il débouche sur la création d’un fonds d’indemnisation « anti-instrumentalisation » de 1,776 milliard de dollars — le chiffre renvoyant à l’année de l’indépendance des États-Unis.

Comme un « braquage » truquéLa somme doit permettre de « réparer » des préjudices qu’auraient subis des partisans de Donald Trump poursuivis sous la présidence de Joe Biden.Parmi les bénéficiaires figurent potentiellement des assaillants du Capitole, déjà graciés par le républicain de 79 ans le jour de sa seconde investiture en 2025.Deux policiers en poste le 6 janvier 2021, lorsqu’une foule a tenté d’empêcher le Congrès de certifier l’élection de Joe Biden, ont porté plainte, dénonçant un détournement d’argent public afin de « financer [des] insurgés et [des] paramilitaires » à la solde de Donald Trump.Chose rare, même des parlementaires républicains se sont braqués ouvertement.« Ce qui préoccupe les gens est de payer leur hypothèque ou leur loyer, leurs courses ou leur essence, pas d’assembler un fonds de 1,8 milliard de dollars pour le président et ses alliés afin de payer qui ils veulent », a estimé le sénateur Bill Cassidy.