C’est une première étape qui devrait déjà rassurer les étudiants de Y Schools et leurs familles, et relancer les perspectives d’inscriptions : l’ensemble des activités du pôle d’enseignement supérieur et de recherche passe sous la coupe de Global University Systems (GUS).Une décision validée ce vendredi 21 mai par le tribunal judiciaire de Troyes (Aube) pour la South Champagne Business School, l’École Supérieure de Tourisme (présente également sur Metz), l’école supérieure de design et École Internationale du Management et de l’Entrepreneuriat au Cameroun (à Yaoundé et Douala).Un ancien ministre des Universités comme interlocuteurLes premiers contacts se sont noués à l’été 2025, des échanges qui ont évolué en négociations exclusives lorsque le redressement judiciaire a été prononcé fin mars. Il faut dire que le pedigree de cet acteur mondial de l’enseignement supérieur est impressionnant. Basé à Londres, présent aux Pays-Bas, en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, au Canada ou encore en Inde, GUS compte près de 174 000 étudiants en présentiel, et plus de 20 millions d’apprenants en ligne sur la plateforme de formation FutureLearn. Si l’une de leurs écoles allemandes compte un petit campus sur Paris, il s’agit de leur première véritable acquisition en France. « L’objectif, c’est qu’ils puissent se développer avec nous », se réjouit Julien Renoult, directeur général de Y Schools.Le président fondateur de l’entité britannique Aaron Etingen a débuté en 2003 avec 24 étudiants au sein de la London School of Business and Finance. « C’est un groupe qui s’est constitué depuis une trentaine d’années en croissance organique, mais également avec des institutions qui ont été amenées à reprendre », indique Julien Renoult. « GUS s’est construit avec la conviction que l’excellence et l’innovation doivent aller de pair dans l’enseignement supérieur, et cette philosophie sous-tend l’approche hautement sélective que nous adoptons dans le choix des institutions avec lesquelles nous nous associons », a commenté dans un communiqué Aaron Etingen. « Nous nous réjouissons de travailler en étroite collaboration avec les équipes de Y SCHOOLS et de soutenir le rôle essentiel qu’elle continue de jouer dans la région de Troyes, de l’Aube et au-delà ».Des rencontres avec l’un des cadres dirigeants et véritable caution académique du groupe, Jo Johnson (frère de l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et ancien ministre des Universités au Royaume-Uni), ont permis de renforcer l’intérêt de ce mariage. « On a quelqu’un qui a une vision mondiale et qui maîtrise les référentiels de chaque ministère de l’enseignement supérieur », admire le patron de Y Schools.Des diplômes reconnus, un gage de sérieuxCe qui a séduit les Britanniques ? D’abord la qualité des équipes de Y Schools, mais aussi le portefeuille transversal de formation et la présence au Cameroun, un modèle pas très commun en France. « C’est aussi un groupe multisectoriel. Ils ont des formations en business, en management, en industrie créative, en tourisme, en santé, en psychologie, en droit… » constate Tony Thuillier, directeur marketing du groupe troyen.La reconnaissance des diplômes par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche est aussi un gage de sérieux aux yeux des Britanniques. « Aujourd’hui, on a un nombre de diplômes significatifs dans différents domaines. On sent que la recherche et l’excellence académique font partie de leurs prérequis, tout comme l’employabilité », rappelle Séverine Nomdedeu, directrice de la formation initiale.Enfin la qualité des infrastructures troyennes a séduit les investisseurs, comme le campus Brossolette mais aussi le campus Saint-Martin de l’école supérieure de design, au sein de l’ancienne abbaye Saint-Martin-ès-Aires bâtie au XVIIe siècle. Des campus qui ont pu voir le jour grâce « à l’appui important » de la Chambre de Commerce et d’industrie de Troyes, puis du conseil départemental de l’Aube et de Troyes Champagne Métropole. « Ça permet de pouvoir être plutôt cohérent lorsqu’il y a des gens de ce calibre-là qui viennent te voir », ajoute Julien Renoult.Une reprise qui ouvre des perspectives à l’internationalEn pleine concentration des acteurs de l’enseignement supérieur, l’offre de reprise de Global University Systems représente une vraie solution d’avenir pour le groupe troyen : « À chaque fois qu’ils ont été amenés à reprendre des établissements, ça s’inscrit dans la durée et ils arrivent à les développer », précise Julien Renoult. « C’est aussi ce bénéfice-là qu’on va être amené à avoir pour nos étudiants, avec une meilleure expérience à Troyes et des perspectives à l’international ».Dans un premier temps, l’objectif sera de stabiliser ce qui est en place et donner plus de moyens aux étudiants. « C’est important parce qu’on a quand même traversé quelques moments un peu difficiles… » souffle Séverine Nomdedeu. « Il faut aussi nous permettre de renforcer l’attractivité de nos écoles à Troyes, avant de pouvoir se développer ». L’équipe de direction actuelle va rester en place. Mais elle ne le cache pas, il y aura des licenciements dans le secteur administratif et financier, conséquence des mutualisations attendues au sein de Global University Systems.Et puis il y a encore les autres activités de Y Schools sur la partie plus professionnalisante : l’école de la 2e chance pour les jeunes en quête de formation et d’emploi, le pôle d’évolution et de formation professionnelle pour les entreprises et les particuliers, sans oublier les écoles Pigier de Troyes, Reims et Metz. Non reprises par les Anglais et toujours en redressement judiciaire, ces entités connaîtront leur sort entre fin juin et début juillet 2026. « Le chemin n’est pas terminé, les autres activités de Y Schools nous tiennent à cœur aussi », assure Séverine Nomdedeu.
À Troyes, le pôle d’enseignement supérieur de Y Schools repris par un géant mondial du secteur
Le tribunal de commerce de Troyes a validé la reprise des différentes filières d’enseignement supérieur par le groupe britannique Global Uni













