À le voir enchaîner les coups tous plus précis les uns que les autres contre son coach de toujours, Fodié Gary, au club C’Chartres Boxe, difficile d’imaginer qu’Adem Atigui, tout juste 16 ans, a découvert la boxe il y a moins de trois ans sur… un ring gonflable. C’est pourtant à quelques centaines de mètres de là, dans son quartier des Clos, qu’il enfile pour la première fois des gants à l’été 2023. Le déclic est immédiat. Raison pour laquelle il s’inscrit en club dans la discipline dès la rentrée suivante.Depuis, le Chartrain avance à toute vitesse. Quatorze combats et autant de victoires, souvent contre des sportifs nettement plus expérimentés. En avril 2025, il décroche la ceinture du très relevé Tournoi des Vikings, à Carentan-les-Marais (Manche), dès sa première participation. Il remet ça cette année, et s’adjuge en bonus le titre aux Championnats de France amateurs, organisé dans le Pas-de-Calais, avec, au passage une victoire sur un ancien médaillé européen.De quoi attirer l’attention de la fédération nationale. Depuis ce lundi 18 mai, il participe ainsi à son deuxième stage avec l’équipe de France jeunes.À l’entraînement avant et après les coursÀ Chartres (Eure-et-Loir), pendant que ses camarades s’entraînent lors de cours collectifs, lui bénéficie de séances en solo. Pas un traitement de faveur, plutôt un cadre à la mesure de ses ambitions et de celles de son club. À lui aussi de s’organiser, par exemple, pour intercaler ses entraînements entre ses cours de CAP mécanique au CFA Interpro28. Contrairement à d’autres sportifs en devenir, il ne dispose en effet d’aucun aménagement particulier. « Je m’entraîne tous les jours. Je cours le matin, je fais du travail spécifique et je m’entraîne encore le soir », résume Adem Atigui.Dès le début de sa jeune carrière, il affiche une soif inextinguible de matchs. Cinq mois à peine après avoir poussé la porte du club, il demande à son coach de pouvoir monter sur le ring en compétition officielle. « À ce moment-là, il n’avait pas forcément un profil très athlétique : il était petit et surtout un peu enrobé. Mais on sentait qu’il n’avait peur de rien et qu’il avait très envie », se souvient Fodié Gary.Il propose un marché au boxeur débutant : si ce dernier s’entraîne sérieusement et qu’il perd un peu en poids, l’entraîneur s’engage à lui trouver un combat pour le gala de fin de saison à Chartres. « Un pari pas évident à tenir, mais il l’a relevé. Alors j’ai tenu moi aussi ma promesse », sourit l’adulte.« En France, ça devient compliqué de lui trouver des adversaires »Depuis, l’envie de matchs du jeune boxeur est toujours aussi grande. « À l’entraînement, je suis un peu comme chez moi. Mais sur le ring, je ne pense plus à rien, juste à gagner », affirme Adem Atigui. Et tant pis si cela suppose des sacrifices. « Le premier combat d’un boxeur est souvent la gestion de son poids. D’autant qu’à son âge, ce n’est vraiment pas simple : il y a les sorties, les amis, les tentations… », rappelle d’ailleurs son entraîneur.Dans sa famille, tout le monde ne vit pas ses matchs de la même manière. « Ma mère s’inquiète beaucoup et n’assiste jamais aux compétitions. Mon père, lui, n’en a raté aucun », raconte l’adolescent, qui rêve désormais d’intégrer durablement le pôle France.Il devrait se mesurer à des adversaires internationaux dans les mois à venir. « On s’est positionnés sur un gros tournoi en Écosse et un autre à Braga, au Portugal. En France, ça devient compliqué de lui trouver des adversaires. Quand un boxeur affiche 14 victoires en 14 combats, avec plusieurs succès avant la limite, les gens réfléchissent avant de le boxer », constate encore Fodié Gary. Le jeune homme souhaite pour sa part « continuer à gagner et à avancer ». Tout simplement.
Adem Atigui, 16 ans, 14 combats, 14 victoires : un espoir de la boxe est né à Chartres
Le jeune Adem Atigui n’a découvert la boxe dans son quartier de Chartres (Eure-et-Loir) qu’à l’été 2023. Depuis, il enchaîne les succès à vi









