Bruno RaveschotResponsable du service Investir21 mai 2026Aujourd'hui à 18:00Vers l'infini et au-delà… Voilà, en somme, le slogan d'Elon Musk pour vendre ses projets démesurés sur l'introduction en bourse de SpaceX. Les chiffres dévoilés par la société doivent toutefois inciter les investisseurs à la prudence.S'il y a bien un fil rouge qui se dégage du projet d'introduction en bourse de SpaceX, c'est celui de la démesure. À tous les étages. Comment en effet qualifier autrement les ambitions affichées par la société dans son prospectus d'IPO publié ce mercredi soir. On y apprend notamment que les revenus tirés de ses activités pourraient potentiellement atteindre jusqu'à pas moins de 28.500 milliards de dollars. Un chiffre tout bonnement astronomique qui vise, on s'en doute, à justifier sa valorisation attendue, mais pas encore confirmée. Selon les sources, celle-ci est estimée de 1.750 milliards à plus de 2.000 milliards de dollars, du jamais vu dans l'histoire pour une entreprise fraîchement cotée.Les résultats également dévoilés dans ce prospectus nous laissent d'ailleurs pantois. Le chiffre d'affaires généré par SpaceX l'an dernier correspond à peine à un centième de cette valorisation attendue et moins d'un millième de cet objectif de revenus potentiels. Pire, lorsqu'on se penche sur la bottom line, on découvre que la société affiche une perte nette de près de 5 milliards de dollars sur cet exercice. Bien qu'elle s'explique pour l'essentiel par des acquisitions coûteuses et des investissements pharaoniques, elle alimente tout de même une dette abyssale, qui s'est désormais creusée à près de 30 milliards de dollars.Vers l'infini et au-delà...Bien accroché au siège de cette fusée, dont il nous promet le décollage vers l'infini et au-delà, Elon Musk capitalise ici sur sa propre personne et sur les perspectives qu'il nous fait miroiter quant à l'avenir de l'intelligence artificielle dans l'espace. Le narratif a tout pour plaire et fait écho à ce qui a propulsé en orbite boursière son autre société, Tesla. En présentant le constructeur de véhicules électriques comme le futur champion des taxis autonomes et de la robotique, il est en effet parvenu à doper son cours de 2.700% en une décennie.On notera, cependant, que les plus-values escomptées de ces développements tardent encore à se concrétiser chez Tesla. C'est ce que certains experts académiques appellent les "optionalités". Elles portent bien leur nom, puisqu'il est question ici de plus-values optionnelles, soit sans réelles garanties, ce que signale par ailleurs le prospectus d'IPO de SpaceX. Un avertissement à méditer pour les investisseurs qui entendent prendre la fusée en marche, de peur de rater le coche. Les sirènes du Fomo (fear of missing out) ne sont souvent pas de bon conseil en bourse, car ceux qui s'enrichissent sont en général les premiers arrivés. Ce sont aussi ceux qui n'ont pas attendu trop tard pour s'en aller...
Édito | Avec SpaceX, Elon Musk nous la joue Buzz l'Éclair
Vers l'infini et au-delà… Voilà, en somme, le slogan d'Elon Musk pour vendre ses projets démesurés sur l'introduction en bourse de SpaceX. Les chiffres dévoilés par la société doivent toutefois inciter les investisseurs à la prudence.












