Une fin de saison prometteuse et, au bout du compte, un bilan positif pour Ibrahima Diaby, qui a grandi au contact du monde professionnel. Ancien capitaine du groupe Espoirs du PSG, le milieu de terrain de 19 ans a choisi, l’été dernier, de quitter son club formateur pour s’engager au Cercle Bruges, en Belgique, dont l’actionnaire principal est également propriétaire de l’AS Monaco.Très attaché aux couleurs rouge et bleu, il était animé par une volonté claire, celle de jouer régulièrement. Un choix assumé malgré la proposition de contrat professionnel formulée par le club parisien et l’attachement profond qu’il conserve pour son club de cœur.« Tout le monde rêverait d’être dans cette équipe, c’est la meilleure du monde, mais j’avais besoin d’avoir un temps de jeu régulier, pas de gratter des minutes par-ci, par-là », explique l’ancien Titi parisien alors que ses successeurs du centre de formation s’apprêtent à disputer ce vendredi la finale de la Coupe Gambardella contre Montpellier, au Stade de France.« C’est difficile de refuser un contrat professionnel au PSG, mais j’ai pris du recul, j’ai bien réfléchi. J’estimais qu’en tant que jeune joueur, je devais m’affirmer dans un vestiaire en quittant le cocon. J’étais dans une logique de progression, d’aller là où je pourrai enchaîner les matchs. »À voir aussiDerrière ce choix se cache une conviction forte. Celle de se construire ailleurs pour mieux exister plus tard. « J’ai eu la lucidité de partir dans un club plus modeste pour montrer la meilleure version de moi-même. Et si je dois revenir un jour au PSG ou dans un club de ce niveau, alors ce sera par la grande porte. »Deux buts et une fin de saison encourageanteEn Belgique, son quotidien a changé. Plus exigeant, plus intense aussi. Les débuts n’ont pas été simples, entre un temps de jeu irrégulier et une concurrence immédiate qui ne lui a pas permis d’enchaîner rapidement. Mais il s’est accroché, gagnant peu à peu la confiance de son staff jusqu’à s’installer dans le onze de départ. Sa fin de saison, marquée par deux buts inscrits contre Dender et Zulte Waregem les 19 avril et 1er mai, ainsi que plusieurs prestations convaincantes, a confirmé sa montée en puissance.Plus libéré dans son jeu, Diaby a également bénéficié d’un contexte plus favorable. « Depuis le changement de coach (Lars Friis a remplacé Onur Cinel début avril), c’est différent. Dès le départ, il m’a montré qu’il me faisait confiance, il me parle beaucoup. Comme tout jeune joueur, ça fait plaisir de marquer ses premiers buts. Je termine bien la saison. »Engagé dans la lutte pour le maintien puis dans les playoffs de relégation, le Cercle Bruges lui a permis de découvrir une réalité bien différente de celle connue dans les catégories de jeunes du PSG, où les équipes dominent souvent leurs adversaires.« Si tu n’es pas fort mentalement et que tu t’attends à ce que tout soit rose en arrivant ici, tu peux être surpris », résume-t-il. Dans un championnat très athlétique, marqué par l’intensité, Ibrahima Diaby est allé « se frotter au football d’adultes » et tire un premier bilan encourageant de cette découverte du haut-niveau.« Je suis un amoureux du PSG, je dois tout à Paris, mais il faut penser à sa carrière. J’ai choisi le Cercle Bruges pour progresser et montrer mes qualités. Je ne regrette pas. » Titulaire à douze reprises cette saison (28 matchs au total), Diaby avance désormais loin de la lumière parisienne, mais avec une ligne directrice bien définie : continuer à travailler, persévérer et saisir chaque opportunité. « En ce moment, ça me réussit bien. Il faut s’accrocher et ne pas flancher. »