Collection croisière 2027 de Louis Vuitton, présentée au musée The Frick Collection, à New York, le 20 mai 2026. JEENAH MOON/REUTERS

Dans le luxe, le printemps est la saison des « croisières » : des défilés spectaculaires organisés à travers le monde, dans les lieux où les marques européennes ne présentent pas leur collection habituellement. Ces événements, très coûteux, sont l’apanage d’une poignée de maisons qui cherchent, à travers eux, à se distinguer de la concurrence.

En ce mois de mai 2026, on observe une communauté de pensée inattendue entre Gucci et Vuitton : les deux marques rivales, les plus grosses du groupe auquel chacune appartient (respectivement Kering et LVMH), ont présenté leur défilé croisière 2027 à New York, à quatre jours d’écart. Si elles se sont livrées au même exercice au même endroit presque en même temps, force est de constater qu’elles n’ont pas choisi les mêmes méthodes.

Où défiler à New York où tant de shows ont déjà été organisés, notamment lors de la fashion week locale ? En 2026, si on en a les moyens financiers, il est toujours possible de trouver un terrain vierge, comme l’a fait Vuitton avec les galeries de la Frick Collection, une institution dont il devient un des principaux mécènes pour trois ans. Situé dans une des rares demeures du Gilded Age qui ait survécu à la rationalisation de l’Upper East Side new-yorkais, ce musée a été créé en 1935 pour préserver la collection d’art de Henry Clay Frick, un industriel qui avait rassemblé des œuvres et des objets décoratifs européens datant de la Renaissance à la fin du XIXe siècle. En 2025, alors que l’établissement venait de rouvrir après cinq ans de travaux, il a tapé dans l’œil de Nicolas Ghesquière, le directeur artistique de la ligne féminine de Vuitton.