En défilant à la Frick Collection, Nicolas Ghesquière s’empare des symboles culturels de New York.Ce 20 mai, Louis Vuitton présentait sa collection Croisière 2027 à New York, dans le cadre de la Frick Collection qui accueillait à cette occasion le tout premier défilé de son histoire. Quelques jours après Dior au Lacma de Los Angeles et Gucci à Times Square, la maison française choisissait de mettre en avant un autre visage de New York : celui des philanthropes, des grandes institutions culturelles et celui d’une ville qui convoque aussi bien la scène street art que le faste du Gilded Age. L’occasion également de dévoiler une collaboration artistique avec la Keith Haring Foundation.Un melting-pot stylistiqueNicolas Ghesquière, directeur artistique des collections femme de Louis Vuitton depuis 2013, a livré une démonstration de sa maîtrise du mélange des genres, du télescopage des époques mais également de sa faculté à ne pas interpréter littéralement ses inspirations. « J’aime la dualité de New York, cette frontière floue entre downtown et uptown, expliquait-il quelques minutes avant le début du défilé. Cette collection raconte plusieurs histoires, celle de l’esprit de la Frick Collection dans l’Upper East Side, de la décontraction du prêt-à-porter américain, de la période du Gilded Age, à la fin du XIXe siècle, mais également de la culture urbaine de downtown, dont Keith Haring a été l’un des représentants. »Le chic Vuitton par Nicolas Ghesquière pour la Cruise 2027. DR L’un des points de départ de la collection ? Une malle des années 1930 que l’artiste a taguée en 1984 et que le patrimoine de Louis Vuitton a acquise il y a quelques années. Nicolas Ghesquière a choisi de faire défiler l’originale, une nouvelle version plus petite mais également des jeux de transparence aux couleurs évocatrices de l’univers de l’artiste, exposé actuellement à la Brant Foundation dans l’East Village.La collection comprend également un sac évoquant la colonne du jardin d’hiver de la Frick, des shorts en satin façon boxer, des pantalons cargo fluides, du taffetas brodé, un top travaillé comme un origami et des sneakers futuristes en cuir qui ont demandé une année de développement.Un nouveau partenariat culturelQuelques jours avant le défilé qui s’est déroulé dans les galeries du rez-de-chaussée et autour de la fontaine de la cour jardin, Louis Vuitton annonçait un mécénat de trois ans avec la Frick Collection. La maison devient ainsi le principal sponsor culturel de ce musée ouvert en 1935, avec notamment les Louis Vuitton First Fridays, permettant un accès gratuit au musée chaque premier vendredi du mois.« J’ai visité la Frick Collection l’année dernière, juste après la rénovation, confie Nicolas Ghesquière. J’aime le côté très incarné des lieux mais aussi cette façon de présenter les objets d’art aux côtés des peintures et des céramiques. » Pour le directeur artistique, le choix de présenter cette collection dans cette demeure du XIXe siècle imprégnée d’esthétique italienne s’inscrit dans une fascination pour l’architecture et les lieux de patrimoine. Ses défilés Croisière composent au fil des années un véritable manifeste esthétique : du Miho Museum de Kyoto au Palais des Papes d’Avignon l’année dernière en passant, aux États-Unis, par le terminal TWA signé Eero Saarinen à l’aéroport JFK en 2019 ou le Salk Institute de Louis Kahn à San Diego en 2022.Si les visiteurs de la Frick se pressent habituellement pour admirer Saint François dans le désert, chef-d’œuvre de Giovanni Bellini, ou encore La Maîtresse et la Servante de Vermeer, les regards des quelque 460 invités dont Zendaya, Anne Hathaway et Cate Blanchett, étaient, ce mercredi 20 mai, tournés sur le vestiaire Croisière 2027.Des liens historiques avec les États-UnisÀ l’instar de Dior et Gucci, Louis Vuitton a choisi les États-Unis pour présenter son défilé Croisière, confirmant l’enjeu stratégique de la clientèle américaine pour le marché du luxe, particulièrement dans ce contexte économique complexe. Mais si la maison de maroquinerie possède aujourd’hui 112 boutiques sur le territoire américain, dont 12 à New York, ses liens avec les États-Unis remontent à bien plus loin.Deux siècles plus tôt, Louis Vuitton lui-même avait participé à l’Exposition universelle de Chicago, tandis que ses malles commençaient, quelques années plus tard, à être commercialisées sur le territoire américain. Le carnet de commandes comptait alors les plus grandes familles de la high society américaine : Ford, Vanderbilt ou encore Hearst. L’histoire ne dit pas si l’industriel Henry Clay Frick, qui a donné son nom au musée new-yorkais, voyageait lui aussi avec des malles monogrammées…
Vuitton, Keith Haring et la Frick Collection : le cocktail arty de la Cruise 2027
En défilant à la Frick Collection, Nicolas Ghesquière s’empare des symboles culturels de New York.











