Aller au contenu principalNouveauEn compétition au Festival de Cannes, « Minotaure » dénonce l’invasion de l’Ukraine par les soldats de Poutine. Son réalisateur, le Russe Andreï Zviaguintsev, nous raconte comment il a fabriqué ce long-métrage pacifiste avec une équipe entièrement russe, mais en dehors des frontières de la Russie.«Minotaure», qui met en scène un chef d'entreprise russe qui découvre que son épouse le trompe, mêle drames intime et collectif. Anna Matveeva/MK Productions/CG Cinema/Forma Pro Films/Razor Film/Arte France Cinéma/ZDF/Aslanyürek FilmLe film raconte une histoire qui se déroule en Russie. Il est réalisé par un cinéaste russe avec des acteurs russes et une équipe technique russe. Pourtant, « Minotaure », drame captivant, poignant et très brillamment mis en scène, présenté mardi 19 mai en compétition au Festival de Cannes, a été tourné en Lettonie. Et pour cause : ce long-métrage d’Andreï Zviaguintsev, qui sortira en salles le 14 octobre, dénonce en toile de fond la cruauté de la mobilisation des civils russes pour combattre en Ukraine, et pointe le manque d’équipement des troupes de Vladimir Poutine.« Aujourd’hui, ce serait impossible de faire ce genre de film en Russie », nous explique Andreï Zviaguintsev, réalisateur de 62 ans déjà récompensé à Cannes en 2014 par le prix du scénario pour « Léviathan » et en 2017 par le prix du jury pour « Faute d’amour ». « La censure russe interdit d’utiliser le mot de guerre pour parler de l’invasion de l’Ukraine : il faut dire opération militaire spéciale. Et il y a de nombreux sujets qu’on ne peut pas aborder. Je ne pourrais pas, en 2026, réaliser un film comme Léviathan, que j’ai tourné en 2013 et qui parlait de l’alcoolisme et de la corruption en Russie. »Festival de Cannes 2026