Fièvre hémorragique, maux de tête, maux de gorge ou encore vomissements et diarrhée… La souche « Bundibugyo » d’Ebola, qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) et menace toute l’Afrique centrale, inquiète. Et pour cause : il n’y a contre elle pour l’heure ni traitement ni vaccin. Ce qui rend l’épidémie complexe à gérer.Bundibugyo présente des symptômes similaires aux autres types d’Ebola et tue entre un tiers et la moitié des personnes infectées. Elle a été découverte pour la première fois il y a 19 ans, en 2007. Si l’épidémie actuelle est la 17e en RDC, c’est seulement la troisième causée par la souche Bundibugyo.Le virus se propage aux contacts des fluides sécrétés par les personnes atteintes : sang, vomissements, selles, notamment chez le personnel hospitalier et funéraire lorsqu’ils ne portent pas de protections appropriées. Bundibugyo reste néanmoins moins virulente que la souche Zaïre, responsable de la plupart des précédentes épidémies et qui a pu atteindre 90 % de létalité, affirment les Nations unies. Zaïre bénéficie toutefois d’un vaccin.D’après le National Library of Medicine, Ebola pourrait notamment être transmis par les chauves-souris, avant d’être transmis entre humains. 4 % d’entre elles au Gabon présentaient des anticorps contre le virus Ebola Zaïre, indique une étude. On ignore ce qu’il en est pour la souche Bundibugyo.À voir aussi« Une maladie très grave, mais nous savons la maîtriser »Dans un communiqué du 17 mai, l’OMS déterminait que la maladie d’Ebola Bundibugyo constitue aujourd’hui une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Cependant, Mohamedi Janabi, directeur du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, souligne « qu’il ne faut pas paniquer, nous savons la maîtriser ».En effet, depuis la première apparition du virus Ebola en 1976, les épidémies se succèdent d’année en année. Les dernières vagues en République démocratique du Congo ont été sous contrôle en trois ou quatre mois.Selon l’OMS, cette nouvelle épidémie — qui pourrait avoir commencé il y a plusieurs mois en RDC « vu l’ampleur du problème » — est déjà suspectée d’avoir fait 139 morts, et pourrait se prolonger, même si le risque de propagation au niveau mondial est pour l’instant considéré comme « faible ». Ebola est relativement moins contagieux par exemple que le Covid ou la rougeole.Cette nouvelle épidémie a déclenché une quête internationale de vaccins et traitements pouvant être rapidement testés et déployés pour tenter d’endiguer cette crise sanitaire. Plusieurs candidats vaccins et traitements, pas encore testés sur l’homme, sont à l’étude. Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite prête à regarder les outils disponibles, notamment un vaccin appelé Ervebo qui cible la souche d’Ebola la plus courante, dite Zaïre, et a déjà été déployé dans divers pays.