Stress, l’anxiété, sommeil douleur… les bienfaits revendiqués du CBD sont nombreux. Extraits du chanvre, les produits au cannabidiol non médical, ne devant pas dépasser les 0,3 % de THC, l’autre molécule active du cannabis, sont vendus en accès libre. En France, plusieurs dizaines de professionnels se sont lancés dans la production et souhaitent officialiser une filière agricole reconnue.VidéoHuiles, tisanes, bonbons : les produits alimentaires au CBD interdits à partir de ce vendrediSeulement, ils doivent faire face à beaucoup d’écueils dont le plus récent est tombé le 15 mai, avec l’interdiction à la vente en France par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) de tous produits alimentaires, « infusion, miel infusé à la fleur de chanvre, huiles sublinguales ou culinaires, bonbons, chocolats, boissons, etc. Des produits de bien-être consommé largement par des seniors », contenant du CBD en raison du règlement européen Novel Food (UE 2015/2283).Jérôme Lecoq, producteur près du Neubourg, secrétaire et porte-parole de l’Association France Cannabis (AFC), dénonce un cadre trop rigide qui jette dans le même panier les fleurs, les feuilles et les molécules de synthèse. Il appelle l’État à se rapprocher des exploitants.Des autorisations à plus de 60 000 eurosPour lui, « la Novel Food vise à protéger les consommateurs de tous les nouveaux aliments, ceux qui n’ont pas d’historique de consommation avant 1997. Sur le fond, c’est bien. Mais, pour le CBD, c’est complexe, car on en trouve du totalement naturel consommé depuis des millénaires et d’autres à base de molécules de synthèse souvent fabriqués à l’étranger. C’est là que nous aimerions que l’État fasse la chasse. Jusqu’à aujourd’hui, il y avait une tolérance et le couperet est tombé ».Le producteur dénonce l’annonce de l’augmentation des contrôles pour faire retirer les produits des rayons et « un cadre européen qui peut entraîner un monopole de fait, car pour obtenir une dérogation, il faut investir plus de 60 000 euros dans des laboratoires, par référence. 200 dossiers ont été déposés et aucun n’a obtenu d’accord. C’est pourquoi le but de l’Association France Cannabis est que les petits producteurs obtiennent une part d’un marché qui a pesé en 2025 600 millions d’euros et est estimé à 1 milliard d’euros cette année. »Des avocats à dispositionLe groupement souhaite travailler avec le gouvernement et faire des propositions. « Par exemple, explique Jérôme Lecoq, séparer le naturel des molécules de synthèse. Nous voulons nous aussi créer un cadre plus clair pour protéger le public. Nous sommes prêts à collaborer. C’est toute une filière agricole qui est en danger. ». Pour l’exploitant eurois, qui avait investi dans une bière et une huile sublinguale, cela va représenter une perte de chiffre d’affaires de 30 à 40 %, car les fleurs à fumer, les e-liquides pour cigarettes électroniques et les produits cosmétiques restent eux autorisés.L’AFC a réalisé un sondage en interne et « la majorité des producteurs ont décidé de laisser en vente leurs références, annonce Jérôme Lecoq. Les contrôles ne vont pas pouvoir se faire sur toute la filière et, juridiquement, il n’y a pas de nouvelle loi interdisant les nouveaux produits. Face aux tribunaux, c’est bancal. Après, c’est un choix personnel des producteurs et des revendeurs. S’ils ont des problèmes, qu’ils nous contactent, car nous avons des avocats. Il faut défendre notre filière devant les tribunaux. »
« C’est toute une filière agricole qui est en danger » : dans l’Eure, un producteur de CBD normand veut défendre un produit naturel
Face à l’interdiction de la vente des produits alimentaires contenant du CBD, Jérôme Lecoq, agriculteur installé près du Neubourg (Eure), ap












