Il signe ses missives « Ragondin de Garonne », un pseudonyme certainement pas choisi pour les moustaches sympathiques de ce rongeur mais probablement parce qu’il désigne une « espèce exotique envahissante », selon la classification de l’Union européenne. Le petit mammifère nichant dans les berges de rivières est l’auteur autodésigné, depuis quelques jours, de lettres menaçantes envoyées à Agen (Lot-et-Garonne).Après le maire Laurent Bruneau et la mosquée de la ville la semaine dernière, le commissariat d’Agen et des journalistes ont à leur tour reçu, lundi, des enveloppes comprenant des balles de fusil collées à un courrier de menaces de mort.La semaine dernière dans un communiqué publié sur Facebook, Laurent Bruneau avait dénoncé des « propos particulièrement violents » sans en préciser la nature, et « un acte grave d’intimidation ». Puis la préfecture du Lot-et-Garonne avait révélé que le président de l’association de la mosquée d’Agen, Messaoud Settati, avait été le destinataire de menaces similaires, accompagnées de « propos à caractère raciste et islamophobe ». Des enquêtes ont été ouvertes.Lundi, la rédaction du Petit Bleu-La Dépêche du Midi a reçu trois balles de gros calibre dans une enveloppe pleine de menaces verbales. Dissimulé derrière le pseudonyme de « Ragondin de Garonne », « l’auteur ne cache en rien ses motivations racistes et sa haine des musulmans », fustige le SNJ, Syndicat national des journalistes, dans un communiqué. Les courriers seraient truffés de référence au Bataclan, Charlie Hebdo et sur la promenade de Nice, des attentats commis au nom de l’idéologie islamiste.À voir aussi« Ces différentes lettres interviennent dans un contexte de tension grandissante sur Agen, comme le relate le quotidien, avec des tags islamophobes découverts sur la ville ces derniers jours. Si le texte de la lettre anonyme est « confus », la menace est explicite avec l’envoi de ces balles et la phrase : « Vous ne serez pas à l’abri non plus, l’heure est venue. » Que ce soit envers des élus, des représentants religieux ou des journalistes, ces actes sont intolérables », dénonce encore l’organisation professionnelle.Par ailleurs, selon La Dépêche du Midi, le commissariat a lui aussi été destinataire de l’injurieuse missive manuscrite. « Islam non, la valise ou le cercueil », était écrit en rouge. Or le 13 avril dernier, la même inscription, dans la même couleur, a été découverte sur une pile de la prairie du pont-canal d’Agen. Quinze jours plus tard, de nouveaux tags islamophobes avaient été retrouvés, notamment sur les murs d’une salle communale où devait se dérouler une réunion interreligieuse.L’auteur écrit à plusieurs reprises l’expression occitane « Deus volt », « Dieu veut », proche du latin « Deus lo vult » que les croisés lançaient avant de combattre.[2/2] L’impensable parcours criminel de Willy Van CoppernolleÉcouter« Aucune menace, aucune intimidation »Dans un communiqué, le maire a apporté sans ambiguïté son soutien aux dernières victimes du fielleux plumitif, qui semble lancé dans une nouvelle croisade. « Dans une République, la presse est libre. Elle informe, questionne, enquête, rend compte des faits et participe pleinement au débat démocratique. Dans une République, les forces de police agissent au service de tous, dans le respect de la loi et des principes républicains, pour protéger la population et garantir l’ordre public. Aucune menace, aucune intimidation, aucune tentative de pression violente ne saurait être tolérée à l’encontre ni des journalistes et des médias, ni des forces de sécurité », a écrit Laurent Bruneau.Communiqué de presse de Laurent Bruneau, maire d'Agen. Après le Maire d’Agen puis la mosquée d’Agen, c’est désormais la rédaction du Petit Bleu et le commissariat de police qui ont été la cible d’un courrier anonyme de menaces...Lire le communiqué 👉 https://t.co/9H8wOy4LU4 pic.twitter.com/RkxyM2xQJK— Ville d'Agen 🇫🇷🇪🇺🇺🇦 (@villeagen) May 18, 2026