Les compressions au sein du service extérieur canadien affectent de manière disproportionnée les postes basés à l’étranger, ces postes à rotation étant supprimés trois fois plus rapidement que ceux du personnel d’Affaires mondiales Canada basé au Canada.Des données obtenues par La Presse canadienne montrent également une baisse encore plus importante du nombre de travailleurs étrangers embauchés dans les missions à l’étranger, au moment même où le gouvernement Carney cherche à renforcer les liens diplomatiques et commerciaux avec d’autres pays.« Ils ne comprennent pas leur rôle. Et leur rôle ne se résume pas à des tableurs, a déclaré Jeremy Kinsman, ancien ambassadeur en Russie, au Royaume-Uni et auprès de l’Union européenne. Cela pourrait être un symptôme ou le reflet du décalage entre les employés basés à Ottawa qui n’ont pas d’expérience à l’étranger et qui, par conséquent, ne comprennent pas. »Affaires mondiales Canada a indiqué rechercher des gains d’efficacité tout en poursuivant le programme gouvernemental de diversification des échanges commerciaux et de promotion des intérêts canadiens à l’étranger.Ottawa réduit ses effectifs dans tous les ministères pour financer la forte hausse des dépenses de défense.Depuis plusieurs semaines, le personnel d’Affaires mondiales Canada (AMC) peut consulter sur l’intranet du ministère un compte rendu régulièrement mis à jour du nombre de mises à pied et de rachats de contrats entrepris, ventilé par divisions.Le ministère a transmis ces données à La Presse canadienne, ainsi que son dernier bilan des réductions.Au 31 mars de cette année, AMC devait compter 2878 postes à rotation — excluant les contrats à court terme — contre 3221 un an auparavant, soit une réduction de 10,6 %. Ce chiffre inclut notamment les diplomates.Le nombre de postes non rotatifs, qui concernent uniquement le Canada, a été fixé à 6624, contre 6868 auparavant — une réduction de 3,5 %.Selon M. Kinsman, ces changements « aggraveront considérablement le déséquilibre » entre le nombre de diplomates en poste à l’étranger et la taille des effectifs à Ottawa. Il a déclaré que le ministère accorde une importance démesurée aux rapports et à la paperasserie, au détriment de la recherche de résultats concrets par la diplomatie.« J’inverserais ces statistiques et je réduirais drastiquement les effectifs des sièges sociaux, dans la mesure du possible sans causer de préjudice excessif, et je me concentrerais sur le maintien des agents du service extérieur », a-t-il affirmé.Les données révèlent également que le Canada prévoit supprimer 754 affectations de travailleurs étrangers à l’étranger — dont 290 postes vacants qu’il entend laisser expirer — au cours des trois prochaines années.Cela se traduira par une baisse de 13,8 % du nombre de ce que le ministère appelle le « personnel recruté localement », par rapport aux 5450 employés étrangers qu’Affaires mondiales Canada employait au 1er janvier de cette année. Affaires mondiales Canada indique que la plupart de ces réductions auront lieu en 2026.M. Kinsman a ajouté que cela signifie se priver d’une contribution « considérable » de la part des Canadiens, qui perçoivent généralement un salaire local et n’ont pas à supporter les frais de déménagement et de scolarité exigés des diplomates canadiens.« Nous obtenons leurs contacts. Leur travail consiste à explorer le milieu dans lequel ils ont grandi, vivent et travaillent, et à nous mettre en relation avec les bonnes personnes, a-t-il dit. Leur capacité de collecte de renseignements est vraiment inégalée. »Affaires mondiales Canada a indiqué qu’elle s’efforce d’améliorer son efficacité, notamment par une meilleure utilisation des technologies.Le nombre d’employés occupant des postes administratifs à l’étranger, en particulier les Canadiens, subit une réduction disproportionnée.Le Canada conserve des citoyens canadiens pour certains postes dans les missions diplomatiques à l’étranger, comme la supervision des systèmes informatiques dans les pays sensibles.« Les ajustements d’effectifs pour l’Examen complet des dépenses ont été déterminés en fonction des besoins opérationnels, en examinant l’organisation du travail et des services au sein du ministère, selon une approche commune appliquée de façon uniforme dans tous les secteurs, a écrit John Babcock, porte-parole d’AMC. Cette approche a permis de prendre des décisions justes et équilibrées, sans affecter de façon disproportionnée un groupe en particulier. »
Les compressions à Affaires mondiales Canada touchent plus les postes à l’étranger
Ces postes à rotation sont supprimés trois fois plus rapidement que ceux du personnel du ministère basé au pays.








