EconomieClimat et transitionsPolitique économiqueTech et transformationsEntreprisesMédiasEmploi - ManagementL'édito de la semaine. Face à la flambée du pétrole, la tentation d’une nouvelle taxe exceptionnelle agite une partie de la classe politique. Une fausse bonne idée, alors que la France manque déjà de marges budgétaires.Publié le 20/05/2026 à 11:30bookmarkLa gauche a multiplié les demandes pour mettre à contribution les grands groupes qui bénéficient de la guerre au Moyen-Orient, comme TotalEnergies.REUTERSUn pic, un choc, une bascule… Peu importe le terme choisi, ce qui est certain, c’est que les automobilistes paient le prix fort de la flambée pétrolière. La faute au détroit d’Ormuz, à la production réduite de brut, à des négociations de paix enlisées... Et pendant ce temps, un même refrain tourne chez nos politiques : il faut taxer TotalEnergies ! Le bouc émissaire par excellence, avec ses profits insolents (5,8 milliards d’euros, + 51 % au premier trimestre) ou l’envolée de son cours de Bourse (+ 20 % depuis le 27 février). Au passage, les mêmes passent un peu vite sur la gestion particulièrement maîtrisée des stocks et des achats menée par la firme dirigée par Patrick Pouyanné ou sur sa politique de plafonnement des prix du carburant.Aveuglée par cette manne pétrolière, une partie de la classe politique réclame à cor et à cri une nouvelle taxe exceptionnelle, pour remplir les caisses de l’Etat, redonner du pouvoir d’achat ou donner un os à ronger aux rageux anticapitalistes. Une vieille rengaine, à laquelle le Premier ministre, qui a pourtant dénoncé ce "Total bashing", n’a pas entièrement échappé : Sébastien Lecornu, qui avait accompli jusque-là un sans-faute dans la gestion de la crise en privilégiant des petits chèques ciblés à un nouveau quoi qu’il en coûte, s’est dit favorable à une redistribution des éventuels profits exceptionnels de TotalEnergies.