Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Procès Procès Procès L’informateur officiel de la police suisse devait comparaître pour « association de malfaiteurs » dans une affaire d’attaque de fourgon, en visioconférence et le visage flouté. Mais les conditions de sa comparution ont plombé les débats. Article réservé aux abonnés Au bout de deux jours de débats, émaillés d’incidents et de suspensions, les magistrats du tribunal correctionnel de Lyon, d’une sérénité à toute épreuve, ont jugé préférable d’interrompre le procès de neuf prévenus, mardi 19 mai, pour remettre la loi au centre du prétoire. Prévue sur une semaine, l’affaire a été renvoyée au 11 octobre 2027 par la présidente Aurélie Lallart, le temps que la cour d’appel se prononce sur les conditions de comparution d’un personnage à double face. Poursuivi, comme les autres, pour participation à une association de malfaiteurs, Hassan I., 36 ans, figure sur la liste des neuf prévenus suspectés d’avoir préparé l’attaque d’un fourgon de transport de fonds, près de Genève (Suisse). Le Marseillais est en même temps l’informateur par qui l’enquête a pu prospérer. C’est lui qui a conduit les policiers sur des lieux de repérage et donné le point GPS qui a permis l’arrestation de l’équipe au complet, le 31 octobre 2019, dans un bois de Collonges (Ain), avec armes, explosifs, cagoules et voitures volées. Le convoi était prêt au départ, lorsque le RAID et la BRI, aidés d’un drone, ont sifflé le terminus. Contrairement aux huit autres prévenus, dont trois sont détenus pour d’autres faits, Hassan I., en liberté, ne s’est pas présenté à l’audience. Le parquet avait prévu pour lui une comparution par visioconférence, depuis le tribunal de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), avec son visage flouté, par mesure de précaution. « J’estime qu’il y a un risque pour la sécurité, pas de menaces, mais un ressentiment qui est palpable, c’est un climat particulier », a justifié le procureur Eric Jallet, reconnaissant la particularité de « ce statut, à la fois prévenu et collaborateur de justice ». « Procès inéquitable » Les avocats ont vu rouge en découvrant à l’audience cette disposition théoriquement réservée aux témoins, aux repentis ou aux prévenus en détention lointaine. « Je n’aime pas ce procédé, je n’ai jamais vu ça. Quelle règle viendrait faire déroger au texte de procédure ? », s’est inquiétée Florence Vincent, suivie par Enguerrand Bagot, Bertrand Sayn et Philippe Scrève – tous ont dénoncé un « petit arrangement », une « déloyauté de la preuve », un « procès inéquitable ». Il vous reste 58.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
A Lyon, le cas d’une « taupe » suisse entraîne le renvoi du procès d’une affaire de braquage
L’informateur officiel de la police suisse devait comparaître pour « association de malfaiteurs » dans une affaire d’attaque de fourgon, en visioconférence et le visage flouté. Mais les conditions de sa comparution ont plombé les débats.















