Ottawa a officiellement lancé la construction de la mine de graphite Matawinie de Nouveau Monde Graphite (NMG) dans Lanaudière, marquant le coup d’envoi du tout premier projet d’intérêt national au Québec.« Aujourd’hui, à peine six mois après avoir soumis le projet de la mine Matawinie au Bureau des grands projets, nous lançons les travaux. C’est fantastique », s’est félicité mardi le premier ministre Mark Carney au moment d’inaugurer le projet, à Saint-Michel-des-Saints.Malgré une pluie diluvienne au moment de l’annonce, le premier ministre canadien a longuement vanté les retombées du projet, qui permettra de produire du graphite destiné aux batteries de véhicules électriques, aux technologies de pointe ainsi qu’au secteur de la défense. « Une fois achevée, cette mine sera la plus grande mine de graphite d’Amérique du Nord et de l’ensemble du G7. Nouveau Monde Graphite contribuera à rendre l’avenir possible », a-t-il déclaré.La mine de graphite devrait atteindre une capacité annuelle estimée à 106 000 tonnes de graphite, soit huit fois la production annuelle totale de tout le Canada, selon les chiffres du gouvernement. Le minerai sera ensuite transformé dans une usine située à Bécancour.Le projet devrait générer 1000 nouveaux emplois et injecter près de 2 milliards de dollars dans l’économie, selon le premier ministre canadien.À ses côtés, le ministre québécois de l’Économie, Bernard Drainville, a annoncé une enveloppe de 85 millions de dollars d’Investissement Québec au projet, faisant du gouvernement du Québec un actionnaire de l’entreprise. « Il faut réduire notre dépendance envers la Chine pour les ressources critiques et stratégiques, et ce projet s’inscrit dans cette volonté de devenir de plus en plus autosuffisants », a-t-il indiqué.Le fédéral pèse sur l’accélérateurLe projet de NMG a été désigné comme l’un des grands projets d’intérêt national du gouvernement fédéral en novembre dernier, bien qu’il ait déjà franchi plusieurs étapes clés du processus d’approbation auparavant. Le premier ministre Carney a toutefois défendu le rôle de son Bureau des grands projets, affirmant que son intervention avait permis d’apporter une plus grande « certitude », ce qui aurait facilité l’obtention de nouveaux volets de financement.Parmi les autres grands projets au Québec figurent notamment le terminal à conteneurs de Contrecœur, sur la Rive-Sud de Montréal, ainsi que le train à grande vitesse Alto, dont le premier tronçon doit relier Montréal et Ottawa en passant par Laval.Le ministre fédéral de l’Énergie, Tim Hodgson, avait promis qu’au moins cinq à dix nouveaux projets atteindraient, au cours de la prochaine année, l’étape de la décision finale d’investissement ou de la première pelletée de terre. Ce dernier doit d’ailleurs annoncer plus tard aujourd’hui un autre projet qui sera ajouté à la liste des grands projets d’intérêt national.Le gouvernement fédéral a récemment annoncé une réforme du processus d’approbation des grands projets, visant à limiter à un an le délai nécessaire pour obtenir un feu vert avant le lancement des travaux.