Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Arts Arts Arts L’établissement organise, grâce à une soixantaine de tableaux et de dessins, la première rétrospective parisienne de cet artiste singulier du XIXᵉ siècle. Article réservé aux abonnés Giovanni Segantini (1858-1899) mourut quasi le pinceau à la main, d’une péritonite aiguë, alors qu’il peignait sur le motif, d’une cabane située presque au sommet du Schafberg, près de Saint-Moritz (Suisse), le panneau central d’un triptyque qu’il intitulait Trittico della natura (« triptyque de la nature »). Il rêvait de le présenter à Paris, pour l’Exposition universelle de 1900. Cela ne se fit jamais, cependant le Musée Marmottan-Monet lui consacre aujourd’hui la première rétrospective parisienne à laquelle on a cru bon d’adjoindre, à l’étage inférieur, quatre toiles peintes par Anselm Kiefer en hommage à son devancier. Le triptyque en est absent, trop grand, trop fragile, mais il est évoqué par des études préparatoires, et la soixantaine d’œuvres présentées, tableaux et dessins, rendent un bel hommage à cet artiste des plus singuliers, dont les derniers mots, qui sont aussi le sous-titre de l’exposition, furent : « Je veux voir mes montagnes. » Sa vie commença plutôt par la case prison. Dire que son enfance fut difficile est un euphémisme : la famille vit à Arco, dans le Trentin, alors sous domination autrichienne, dans une grande pauvreté. Sa mère, dépressive, meurt quand il a 7 ans, son père, vendeur ambulant, est incapable de subvenir aux besoins de l’enfant – lui-même décède en 1866 – et le confie à sa demi-sœur. Laquelle décide d’aller vivre à Milan avec lui et d’obtenir pour eux deux la citoyenneté italienne. Elle renonce pour cela à la nationalité autrichienne, mais ne parvient pas à obtenir l’autre : ils seront désormais apatrides, un statut qui n’est pas des plus confortables. Elle-même vit dans la misère, et le gamin multiplie les fugues, jusqu’à être arrêté en 1870 pour vagabondage et placé dans une maison de correction. Il vous reste 76.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Au Musée Marmottan-Monet, Giovanni Segantini, peintre des paysages alpins, en perpétuelle ascension
L’établissement organise, grâce à une soixantaine de tableaux et de dessins, la première rétrospective parisienne de cet artiste singulier du XIXᵉ siècle.







