Pour le diplomate français Jacques Audibert, ancien négociateur de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, plusieurs signes montrent que les discussions se poursuivent entre Téhéran et Washington. Les deux camps ont intérêt à mettre fin à la crise d’Ormuz, mais quel accord peut-on espérer ?Ancien conseiller de François Hollande à l'Élysée, Jacques Audibert (ici en 2015) pointe notamment le manque de subtilité de Donald Trump dans les négociations actuelles. Abaca/Stéphane LemoutonLorsqu’il était directeur politique du Quai d’Orsay, avant d’être conseiller de François Hollande à l’Élysée, Jacques Audibert, 67 ans, a passé de longues heures à discuter avec les diplomates et experts iraniens, pour accoucher (après des années de négociations) du JCPoA, l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, que Donald Trump déchirera trois ans plus tard. Son expérience et son regard de diplomate chevronné sont précieux pour décrypter ce qui se joue actuellement — derrière les coups de menton et les jeux de posture — entre les États-Unis et la République islamique d’Iran.Si la guerre ouverte par les bombardements américano-israéliens du 28 février s’est transformée en affrontement larvé depuis le cessez-le-feu du 8 avril, la situation paraît enlisée. Quand et comment en sortira-t-on ? Décryptage avec cet expert ès négociations.