Entre la France et l’Algérie, le dégel se confirme. La visite de Gérald Darmanin à Alger en est une nouvelle étape. Le ministre français de la Justice a atterri dimanche soir dans la capitale algérienne. Il a été accueilli par son homologue, Lotfi Boudjemaa. Au menu de ce début de déplacement, une première réunion de travail puis un dîner en présence hauts magistrats issus des deux pays.Ce lundi matin, une longue réunion s’est tenue au ministère de la Justice sous l’autorité de Gérald Darmanin et Lotfi Boudjemaa. Selon nos informations, différents sujets ont été mis sur la table. Le sort de Christophe Gleizes, notamment, dont la France demande la libération.Arrêté en mai 2024 alors qu’il préparait un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie, le journaliste de 36 ans avait d’abord été placé sous contrôle judiciaire, puis incarcéré en juin 2025 après sa condamnation à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme », confirmée en appel.Le dossier de la DZ Mafia ouvertGérald Darmanin et Lotfi Boudjemaa ont d’ores et déjà acté, après deux années d’interruption totale, la reprise concrète de la coopération judiciaire opérationnelle entre les deux pays. À ce titre, les ministres prévoient le déplacement d’une délégation de hauts-magistrats à Paris début juin.On ignore si le cas d’Abdelkarim B., suspect n° 1 dans l’affaire de la disparition de Marion Relandeau, a été cité. Cet homme de 41 ans, ressortissant algérien, a été interpellé fin avril dans son pays natal. Il est visé par une enquête pour meurtre et enlèvement à Nantes (Loire-Atlantique).VidéoAlgérie : sept ans de prison en appel pour Christophe GleizesCe qui est certain, c’est que les deux ministres ont échangé sur la criminalité organisée. Le dossier de la DZ Mafia, groupe de narcotrafiquants ultraviolents originaires de Marseille (Bouches-du-Rhône), a fait l’objet de discussions, à l’instar du dossier de la coopération pénitentiaire et civile et de celui des biens mal acquis par la France durant la période coloniale.Selon les informations de l’Agence France-Presse (AFP), c’est précisément pour évoquer cette dernière thématique que Pascal Prache, procureur national financier, a intégré la délégation française en visite en Algérie.Par ailleurs, le sort de l’agent consulaire algérien en détention provisoire en France doit être abordé. Cet homme est accusé d’être impliqué dans l’enlèvement de l’influenceur algérien Amir DZ, un opposant au régime.Toujours d’après nos confrères, un éventuel entretien avec le chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, n’est pas exclu.La fin de deux années de tension ?De tels échanges diplomatiques paraissaient inenvisageables il y a quelques mois encore, l’Algérie ne digérant pas le soutien apporté par Paris en 2024 à un plan d’autonomie sous « souveraineté marocaine » pour le territoire disputé du Sahara occidental. L’Algérie, qui appuie les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.Depuis, une série d’épisodes sont venus entretenir les tensions, rappelle l’AFP. Parmi eux, les cas évoqués plus haut, mais aussi la détention et la condamnation en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement gracié.L’amorce de détente entre l’ancienne puissance coloniale française et l’Algérie, indépendante depuis 1962, a été confirmée par une visite à la mi-février du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez. La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, s’est elle aussi rendue en Algérie en ce mois de mai.Ministre de l’Intérieur de septembre 2024 à octobre 2025, Bruno Retailleau plaidait comme le Rassemblement national (RN) pour une approche ferme avec le régime algérien. « Avec le régime d’Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l’échec », avait encore insisté le patron des Républicains (LR), se sentant visé par les propos tenus par Emmanuel Macron en marge d’un déplacement en Ariège fin avril. Le chef de l’État avait fustigé « tous les mabouls » qui veulent « se fâcher avec l’Algérie », jugeant cette méthode inefficace.
Christophe Gleizes, coopération judiciaire, criminalité organisée : des sujets sensibles au menu de la visite de Gérald Darmanin en Algérie
Le ministre français de la Justice a été accueilli par son homologue, Lotfi Boudjemaa, dimanche soir. Un nouveau signe du réchauffement des











