Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Gauches Gauches Gauches Tribune Simon-Pierre Sengayrac Codirecteur de l’Observatoire de l’économie de la Fondation Jean Jaurès Le codirecteur de l’Observatoire de l’économie de la Fondation Jean Jaurès Simon-Pierre Sengayrac explique, dans une tribune au « Monde », que le programme économique de la gauche ne peut se limiter aux questions de répartition de la richesse, mais doit s’occuper de la question de la création de richesses. Publié aujourd’hui à 11h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Alors que les propositions pour les prochaines élections présidentielles émergent dans le débat public, une inconnue demeure : quelle doctrine économique la gauche portera-t-elle ? De nombreuses thématiques sont évoquées sur le travail, la place du marché, la réindustrialisation, la transition écologique, avec des propositions intéressantes. Pourtant, il manque encore une cohérence d’ensemble, une ligne directrice capable d’articuler ces différents axes. Ce trait est symptomatique d’un penchant naturel de la gauche, déjà visible en 2024 avec le programme du Nouveau Front populaire : la focale est plus facilement mise sur la répartition que sur la création de richesses. Cette question reste fondamentale dans un pays où le taux de pauvreté et le niveau de richesse d’une poignée de milliardaires atteignent des records. Mais elle n’est plus suffisante pour répondre tant aux difficultés concrètes que rencontrent les Français qu’aux transformations de notre économie. Alors que les salaires réels stagnent, le coût de la vie devient exorbitant pour une part croissante de la population. Se loger, se chauffer, se déplacer, se soigner pèsent désormais lourdement sur les budgets des ménages. Les loyers, par exemple, représentent, à eux seuls, 40 % du revenu des ménages modestes. La liberté réelle des classes moyennes et populaires s’en voit réduite et cela explique une part importante du sentiment de déclassement. Face à cela, les réponses ont souvent consisté à compenser pour soutenir le pouvoir d’achat : aides au logement, chèque énergie, prime d’activité, etc. Mais elles ont une limite : elles accompagnent la rareté sans la résoudre. Dans certains cas, elles contribuent même à alimenter la hausse des prix. Il est nécessaire de changer de logique. Une politique économique progressiste doit trouver les leviers pour à la fois accroître les revenus et réduire le coût de la vie des classes populaires et moyennes. Bref, il faut une politique de « la vie large », comme le proposait Jean Jaurès, et plus récemment le socialiste belge Paul Magnette. Il vous reste 64.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Pour qu’une politique économique progressiste soit possible, la gauche doit déployer une véritable doctrine de production »
TRIBUNE. Le codirecteur de l’Observatoire de l’économie de la Fondation Jean Jaurès Simon-Pierre Sengayrac explique, dans une tribune au « Monde », que le programme économique de la gauche ne peut se limiter aux questions de répartition de la richesse, mais doit s’occuper de la question de la création de richesses.









