Elles couvrent des conflits internationaux au péril de leur vie pour donner la parole aux civils qui les vivent. Dimanche, des journalistes ont raconté les combats qu’elles ont dû mener pour exercer ce métier, devant une salle comble où l’émotion était palpable.Au dernier jour de la quatrième édition du Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, quatre reporters qui ont couvert des guerres ont notamment témoigné des défis rencontrés au début de leur carrière.Faute d’être affectées à la couverture de conflits, plusieurs ont dû multiplier les contrats à la pige pour faire leur place dans le milieu. « Quand on était une jeune femme, on nous disait : “Tu as l’air trop fragile”. [J’étais] pigiste pour aller dans les endroits où on ne voulait pas m’envoyer », a dit Azeb Wolde-Giorghis, désormais correspondante à Washington pour Radio-Canada.Entre 2008 et 2014, « je devais travailler beaucoup pour prouver que j’étais meilleure que les hommes sur le terrain », a raconté Mai Yaghi, seule femme qui couvrait la guerre actuelle à Gaza pour l’Agence France-Presse. Aujourd’hui en exil à Londres, elle s’exprimait en arabe, avec une traduction simultanée en français assurée par Taïeb Moalla, du Journal de Québec.Il y a quelques années, elle devait laisser sa fille de sept ans chez sa sœur pour aller travailler, a-t-elle relaté. À l’époque, le trajet entre les deux endroits était constamment bombardé. « Un jour, ma fille m’a prise dans ses bras très, très fort et m’a dit : “Maman, est-ce qu’on va se retrouver au paradis ?” », a-t-elle raconté, provoquant des murmures émus.La voix nouée par l’émotion, Céline Galipeau, cheffe d’antenne à Radio-Canada, a salué sur scène le travail et la présence de Mme Yaghi, qui a risqué sa vie pour informer le public. Elle a aussi rappelé que les journalistes étrangers ne peuvent toujours pas entrer dans la bande de Gaza.« C’est cette solidarité qui nous permet de continuer », lui a répondu Mai Yaghi. Mme Galipeau a ensuite rétorqué que « nous aurions pu être plus solidaires », déclenchant des applaudissements dans la salle.